Partager l'article ! 16 ANS ET DES POUSSIERES: Le 20 octobre 2011 en librairie Nouvelle édition ...
BLEU
INDIGO ROMAN,
POESIE... LITTERATURE
JEUNESSE
Pour écrire, il faut aimer et pour aimer il faut comprendre.
John Fante, Mon chien Stupide (West of Rome)
Bienvenue sur le blog de Mireille Disdero - Auteur
Dans les Hautes-Pyrénées pour le
Prix Littérature Ados Tout en auteurs 2011 !
A Berlin, en mai 2011, pour un colloque sur la littérature de jeunesse. Rencontres, signatures, lectures...
Lire Ensemble ! Je suis auteure en résidence pour Agglopole
Provence.
Sur le thème du BLEU - Pour Lire Ensemble 2011, du 10 février au 15 avril 2011 (ateliers d'écriture en poésie, avec les adolescents) VOIR ICI
A la Foire du Livre de Leipzig (Allemagne), 17, 18, 19 mars 2011 (Prix des Lycéens allemands)
En Allemagne du nord, du 14 au 23 novembre 2010, circuit de rencontres avec les classes de lycéens allemands dans le cadre du Prix des Lycéens allemands 2011

Au salon du livre pour la jeunesse Ivres de livres, le dimanche 6 juin 2010 à Istres.
Au salon du livre pour la jeunesse de Six-Fours (Var), les 30 avril, 1 et 2 mai 2010
Une photo d'Antoine, La Boucherie littéraire, Association L'E dans L'O
Rencontre, lectures, signatures... A Lançon-de-Provence, samedi 28 novembre 2009 - Une photo de
Laurent G.
Au Salon du livre d'Aubagne, stand des éditions du Seuil, en novembre 2009...
L'espace de liberté de la littérature de jeunesse a dévérouillé mon écriture pour adultes. Arnaud Cathrine (LIRE)
Je l'ai lu dans le TGV Marseille/Strasbourg, à cheval entre 2011 et 2012. Elle m'a perturbée et remuée. Je ne m'y attendais pas car je suis un peu méfiante, vis à vis des
envolées médiatiques autour d'un livre comme c'était le cas pour celui-ci. Sauf que... cette fois, le récit en vaut la peine. En la lisant, j'ai beaucoup pensé à ma mère. Et puis ce titre !
Quelque chose de Bashung. Alors oui, oui pour Delphine de Vigan. Lisez "Rien ne s'oppose à la nuit", laissez-vous emporter.
Chaque volume, chaque livre que tu voies a une âme. L’âme de celui qui l’a écrit, et l’âme de ceux qui l’ont lu, ont vécu et rêvé avec lui. Carlos Ruiz Zafon, L’Ombre du vent
Excepté cette route souvent fermée par la neige ou les boues du printemps, excepté l'autobus vert amande qui met parfois cinq jours pour atteindre Téhéran, rien ne relie la ville au monde extérieur. Dans son berceau de peupliers, de hautes terres et de vent, Tabriz vit dans un isolement singulier.
Nicolas Bouvier,
le 15 octobre, dans L'Oeil du voyageur
...
Nathalie Novi
C’est un silence plein de vie, un paysage
mill
énaire tout en changement C’est un matin au pays basque
Aussi l’idée de toucher l’âme aimée.
H Grillot







Edmond Baudoin, son trait, vraiment

L'été quand on roule, les couleurs se déplacent vite, il faut les prendre sans tarder...
Pour qu'un amour soit
inoubliable, il faut que les hasards s'y rejoignent dès le premier instant. Milan Kundera, L'Insoutenable légèreté de l'être.
A la radio, une dame noire chantait qu'aux petites heures de la nuit, quand tous les gens sont profondément endormis, tu restes éveillée dans ton lit et tu penses à lui, tu ne peux pas t'en
empêcher... J.-P. Manchette, Le petit bleu de la côte Ouest.

«Je ne sais pas parler objectivement de moi-même. Tout être vivant est une physiologie. Et si j'écris, c'est peut-être par besoin, par hygiène, comme on mange, comme on respire, comme on chante.
C'est peut-être par instinct; peut-être par spiritualité. Pangue lingua. Les animaux ont tant de manies ! C'est peut-être aussi pour m'entraîner, pour m'exciter - pour m'exciter à vivre, mieux,
tant et plus ! La littérature fait partie de la vie. Ce n'est pas quelque chose "à part". Je n'écris pas par métier. Vivre n'est pas un métier."
Blaise Cendrars
Ils ont quitté leur pays qu'ils aimaient, l'Italie. Mon papa est venu travailler en France, cet autre pays, où je suis né, où tu es
né. Il est venu avec sa force, il avait laissé ses rêves là-bas, de l'autre côté des montagnes. Il en avait gardé juste assez pour les donner à ses enfants...
Juillet 1993. Faisant les puces, je tombe sur un bouquin de Tolstoï, "Ibicus", édition de 1926 illustrée de gravures sur bois. Bonne affaire : 3 francs ! A la maison, mince, j'avais pas fait gaffe, c'est pas le Tolstoï de "Guerre et paix", c'est pas Léon, c'est Alexis ! Allez, en attente : on le lira quand on n'aura plus rien d'autre ! Trois mois passent, huit heures du soir, j'ai plus rien à lire, je me tape l'incunable. Au petit matin je le repose, fini... Coup de foudre ! La matière est là : c'est décidé, je l'adapte... Pascal Rabaté
(...) En haut il fait bon, l’enfant s’amuse dans l’abri en pierre. L’homme pioche, se relève, éponge son front, ouvre sa chemise. L’air les enveloppe. Même le chien s’allonge, paisible. Il sait, lui, qu’il ne faut jamais trop en demander.
L’homme s’assied sur une pierre cubique. Il sait, lui, que, quand on aime, il faut cultiver la terre, construire, même de l’éphémère.
L’enfant arrive essoufflé, il s’assied à côté de l’homme :
- Ça va ?
- Bien.
Extrait de Point de vue
...Imaginez deux lignes. L'une représente l'horizon, l'autre la plage. Et dans un coin, une sorte de baraque qui fait office de café. Le décor est
planté...
... Je n’écris pas par désir, par habitude, par volonté, par métier. J’ai écrit parce que c’était la seule façon de parler en se taisant. Parler mutique, parler muet, guetter le mot qui manque,
lire, écrire, c’est le même.. Pascal Quignard, Le nom sur le bout de la langue

L'or pur se reconnaît à l'Epreuve. Léonard de Vinci
Faust demande passionnément à la vie que l'ambition absolue se réalise précisément en elle : qu'ici fermement il se
dresse, qu'a t-il besoin d'aller errer dans l'éternité, qu'il trouve sa peine et son bonheur à poursuivre son chemin. "Comme le monde devient infini, quand on peut une bonne fois s'en tenir fermement au fini."
Goethe
Elle aime, de la paume, caresser la pierre, caresser ce qu'il y a dans la maison de plus sûr et de plus durable. Ce qui peut vous porter longtemps comme un navire...
Saint-Exupéry, Courrier sud
L’étymologie du mot originalité doit attirer notre attention. Elle évoque les
“commencements”, une “instauration”, un retour, de substance et de forme, aux origines. (...) Les inventions esthétiques sont “archaïques”. Elles portent en elles la vibration d’une lointaine
source.
George Steiner, In Réelles présences - Les arts du sens, Gallimard 1991
Nous avions l'air de ne savoir ni l'un ni l'autre où nous allions. Calmement étonnés, nous regardâmes la vue du haut de la colline du cimetière, et bras dessus, bras dessous, nous descendîmes
jusqu'au champ brûlé par l'été et bronzé par septembre. Une cascade de couleurs se répandait sur les feuilles sèches et chantantes ; et je voulus alors que le juge entendît ce que Dolly m'avait
appris : que c'était une harpe d'herbes, une harpe qui récoltait, racontait, une harpe de voix qui se rappelait une histoire. Nous
écoutions.
Truman Capote, La Harpe d'herbes - Gallimard 1951
Nombril du continent poumon léger du monde et poussière douce au pied
Cette route a beaucoup pour elle dans tous les axes de la boussole c'est l'espace et l'éternité savanes couleur de cuir vautours en rond dans le ciel cannelle villages verts autour d'une flaque dieux érectiles couverts de minium
Nicolas Bouvier, Les Indes galantes
Ici, c’est pas l’alcool qu’on doit chercher mais c’est l’ivresse.
Alors, lâchez-vous, lâchons-nous, bon dieu ! Arrêtons de grelotter du verbiage, d’ânonner du substantif... comme dans un salon de T
Avoir ou être, ma bonne Dame, là n’est plus la question !
Envoyez les couleurs !
Le Yang-tseu-kiang ou la Puerta del Sol... c’est ça qu’il nous faut, même quand, derrière nos barreaux, c’est juste un caniveau...
H Grillot
Extrait de Des singes en hiver (catégorie Credo)
Les nouvelles qui nous parvenaient étaient angoissantes. Pourtant, je garde de ma mère à cette époque le souvenir d'une femme gaie et insouciante, qui jouait des airs à la guitare et chantait. Elle aimait lire aussi, et c'est d'elle que j'ai reçu la conviction que la réalité est un secret, et que c'est en rêvant qu'on est près du monde. J. M. G. Le Clézio, Ourania
Me voici sur la plage armoricaine. Que les villes s'allument dans le soir. Ma journée est faite ; je quitte l'Europe. L'air marin brûlera mes poumons ; les climats perdus me tanneront. [...] Je reviendrai, avec des membres de fer, la peau sombre, l'œil furieux : sur mon masque, on me jugera d'une race forte. J'aurai de l'or : je serai oisif et brutal. Les femmes soignent ces féroces infirmes retour des pays chauds. Arthur Rimbaud, « Mauvais sang », Une saison en enfer, 1873.
Je suis le défaut dans l'armure. Je suis la lucarne dans la prison. Je suis l'erreur dans le calcul, je suis la vie. Antoine de Saint-Exupéry
Prayers for rain Pictures of you The same deep water as you The Cure
A chacun de nous, quand il vient sur la terre, un lapin de lune est donné. Nous lui courons après en étendant les bras. Certains rient, d'autres tombent. Mais la terre est ronde. Et peu d'entre nous savent qu'en réalité, le lapin ne se sauve pas. Il essaie seulement de nous rattraper, lui aussi.
Alain Gerber, Le lapin de lune
Ici le temps n'est plus le même. Il faut se dépouiller, se laver pour entrer dans le domaine de la mémoire. Nous faisons ce voyage ensemble, mais, pour Jemia, il s'agit d'un tout autre parcours. Elle n'avance pas seulement sur cette route, vers Smara et la Saguia el Hamra. Elle remonte aussi le courant de l'histoire, de sa propre histoire, afin de trouver la trace de sa famille qui a quitté cette terre pour émigrer vers les pays du nord, vers les villes. (Extrait de Gens des nuages, Jemia et J.M.G. Le Clézio, Gallimard 1997)
Lalla ne parle pas, maintenant, elle n'a pas envie de parler. Comme le Hartani, elle est du côté de la nuit. Son regard est sombre comme la nuit, sa peau est couleur d'ombre. Désert, J.M.G. Le Clézio, Gallimard 1985
Comme le firent nos ancêtres il y a deux millions d’années, regardons les loups. Contemplons-les. Haïs parfois, traqués hélas, ils continuent, dans l’absolue liberté de leurs courses et de leurs amours, à nous apprendre ce sens qui se dérobe à nous, qui nous échappe, qui nous effraie et que nous entendons pourtant, certaines nuits de lune, quand ils hurlent sous le ciel : le paradis est ici, là où ils sont. Hélène Grimaud...
«Le désert n'est jamais plus beau que dans le clair-obscur de l'aube ou du crépuscule. [...] L'apparition du jour promet un changement, mais, lorsqu'il a atteint sa plénitude, l'observateur le soupçonne d'être le même, revenu une fois de plus, ce jour qu'il a vécu et revécu, solitaire, ce jour aveuglant que le temps n'a pas terni» Paul Bowles, Un thé au Sahara
« Quand j'écris, je suis transformée, ça fait changer des choses dans ma vie. Je sens comment ça me met en mouvement... Mais l'accepter ce n'est pas forcément évident, il faut avoir une terre solide derrière soi. » Jeanne Benameur (Entretien pour La Bibliothèque de l'éducation de l'IUFM de l'Académie de Lyon).
Come As You are, Nirvana
Ainsi te sens-tu emporté dans cette migration intérieure dont nul jamais ne t'a parlé. Prêt pour des noces dont tu ignores tout, mais auxquelles il faut bien que tu répondes : "On y va ? On y va." Et tu y es allé. Tu es parti en direction d'un front de guerre dont tu ne savais rien. Tu t'es mis en route, nécessairement, semblable à ce peuple d'argent qui luit, à travers champs, en marche vers la mer, ou comme dans le ciel, ce triangle noir. Que cherchais-tu ? Cette nuit-ci, tu étais presque au but. Qu'as-tu donc découvert en toi qui était si près d'apparaître ? Saint-Exupéry, Un sens à la vie (Reportages), Gallimard 1956
Vous aimez un homme autre que votre mari. Eh bien allez à lui. Celui que vous n'aimez pas, vous êtes sa prostituée. Celui que vous aimez vous êtes sa femme. Dans l'union des sexes, le coeur est la loi. Aimez et pensez librement. Victor Hugo, Océan prose 1864
[...] Une oeuvre d'homme n'est rien d'autre que ce long cheminement pour retrouver par les détours de l'art les deux ou trois images simples et grandes sur
lesquelles le coeur, une première fois, s'est ouvert.
(A. Camus - L'envers et l'endroit (Préface), p.31, Folio-essais n°41)
Qu'est-ce que la vie ? C'est l'éclat d'une luciole dans la nuit. C'est le souffle d'un bison en hiver. C'est la petite ombre qui court dans l'herbe et se perd au coucher du soleil.
Crowfoot, chef lackfeet Indien d'Amérique
Née d'un sentiment, l'idée du son précède son émission. Léonard de Vinci disait que l'émotion est la base de tout exercice. Jordy Savall (musicien, spécialiste de la viole de gambe et du compositeur Marin Marais dont il a rendu célèbre la musique en créant la bande-son du film Tous les matins du monde de Corneau.
Nous avons connu cette petite fille qui court moins vite que les autres. Là-bas les autres jouent. "Attendez-moi ! Attendez-moi !" mais elle est un peu en retard, on va se lasser de l'attendre, on va la laisser en arrière, on va l'oublier seule au monde. Comment la rassurerait-on ? Cette forme d'angoisse est inguérissable. Car si, maintenant, elle prend part au jeu, et devrait partir, et tarde à partir, elle va lasser ses amis ! Déjà ils murmurent entre eux, déjà ils la regardent de travers... Ils vont encore la laisser seule au monde !
Saint-Exupéry, Un sens à la vie
Il faut trouver un sens à ta vie
et tu le trouves à l'intérieur pas à l'extérieur
quand tu le trouves
rien n'est gagné
mais tu obtiens une grande force
un peu comme celle que tu peux trouver lorsque tu n'as plus rien à perdre
et d'ailleurs c'est bien celle-là
mais sans violence
Tu as l'écriture, la lecture pour t'aider
crois-moi, elle peuvent te sauver la vie
alors écris, lis, cultive-toi, sois gentil avec toi.
Cathy GARCIA
Toute personne capable d’écrire une page de prose ajoute quelque chose à nos vies. Raymond Chandler
A Camilla, avec tout mon amour
Arturo
Toujours avec le livre j'ai fait une centaine de pas vers le sud-est, là où tout n'était que désolation. De toutes mes forces je l'ai jeté le plus loin que j'ai pu dans la direction qu'elle avait prise. Sur ce, je suis monté en voiture, j'ai fait démarrer le moteur, et je suis rentré à Los Angeles.
John Fante, Ask the Dust
Tu marches en attente, l'amour est ton sang et c'est tout. Cesare Pavese
Nous pensons à la vie comme à un solide immuable et nous sommes sidérés quand le temps nous apprend qu'il s'agit d'un liquide.
Jim Harrison, The road home
- Dis-moi ce qu'ils t'ont fait !
- Non. A toi, je ne peux pas le dire. T'as la voix du bonheur.
Clotilde Bernos
En mourant nous emportons avec nous la richesse des amants et des tribus, les saveurs que nous avons goûtées, les corps dans lesquels nous avons plongé et que nous avons remonté à la nage comme s'ils étaient des fleuves de sagesse, les personnages dans lesquels nous avons grimpé comme s'ils étaient des arbres, les peurs dans lesquelles nous nous sommes terrés comme si elles étaient des grottes. Je souhaite que tout cela soit inscrit dans ma chair...
M. Ondaatje, Le Patient anglais (l'Homme flambé)
Ecrire c'est ébranler le sens du monde, y disposer une interrogation indirecte, à laquelle l'écrivain, par un dernier suspens, s'abstient de répondre. La réponse, c'est chacun de nous qui la donne, y apportant son histoire, son langage, sa liberté ; mais comme histoire, langage et liberté changent infiniment, la réponse du monde à l'écrivain est infinie : on ne cesse jamais de répondre à ce qui a été écrit hors de toute réponse : affirmés, puis mis en rivalité, puis remplacés, les sens passent, la question demeure.
Roland Barthes
Quand on prend de la hauteur, les murs cessent d'exister.
Wim Wenders, Les Ailes du désir
Oscar et moi nous sommes partis. Un hiver dans les neiges de Montréal, un été sur les routes d'Amérique, une saison à Montmartre, une autre en pleine montagne... Comment s'aimer, comment rester
libre dans ce monde, comment résister aux contraintes de l'argent, du mensonge, de la peur ? Il n'y a pas de modèle, il faut inventer ses amours, inventer sa vie.
Alina Reyes, Quand tu aimes, il faut partir
Une sensation de sécurité, de bien-être, de chaleur estivale, se répand dans ma mémoire. Vigoureuse réalité qui fait du présent un fantôme. Le miroir déborde de lumière : un bourdon est entré dans la pièce et cogne contre le plafond. Tout est bien, rien ne changera jamais, personne jamais ne mourra.
Vladimir Nabokov, Autres Rivages, Autobiographie, coll. Folio p. 97 - Gallimard 1991
Nous rêvons
d'un lecteur parfait.
Supérieur à nous.
Meilleur aussi que la propre lecture faite par nous-même.
Nous écrivons pour lui même s'il n'existe pas.
Nous ne pouvons pas ne pas ressentir sa présence cachée derrière ce silence que les mots entraînent comme une tunique fendue.
Si nous persistons dans ce métier désolé d'ériger des tours sans échafaudage,
peut-être que le lecteur absent se réveillera un jour là où le lecteur n'est plus nécessaire, puisqu'à la fin toute lecture se lit seule.
Roberto Juarroz. Dernier recueil, Quatorzième poésie verticale
Etre fasciné par la Sakountala, de Camille Claudel,
par l'ange noir de Budapest, par l'homme tzigane qui
joue sa vie sur les cordes d'un violon, aux abords du Danube...
Se souvenir du sable profond qui glisse entre les doigts comme de l'eau vive...
Se souvenir que pour aimer, il faut être libre... et que pour être libre, il faut être vivant.

Dans ce récit, je donne la parole à une jeune fille de 16 ans qui habite dans une cité HLM des quartiers nord de Marseille. Famille monoparentale, problèmes de société... mais passion et tendresse.
C'est aussi un livre sur l'affection, sur la "famille" humaine qu'on cherche, sur l'affection des gens avec lesquels on se sent protégé de la dureté du monde. L'espoir habite ce roman et lui donne son mouvement.
Et bien sûr, c'est un roman sur l'adolescence, une période tellement importante, tellement à vif... que nous traversons tous et que nous n'oublions jamais, même quand nous commençons à en être loin, à travers l'espace et le temps qui nous font vieillir. Mireille Disdero
" On a continué à parler comme ça, longtemps, puis je crois qu'on s'est endormis. Le matin, c'est le soleil qui m'a réveillée, ses premiers rayons sur le bord du toit. En me redressant, j'ai remarqué que le chat dormait contre le dos d'Enzo, je les ai observés un bon moment. A moitié endormie, je les ai gardés dans mes yeux le plus longtemps possible, car cette image était belle. C'était comme une photo de famille avec quelque chose d'étrange en plus, un mystère que je n'arrivais pas à expliquer mais qui me serrait le coeur. Et puis, je ne sais pas pourquoi, j'ai pensé que cette image était un mirage, quelque chose que je ne verrais qu'une fois. Quelque chose de trop beau pour moi." (extrait page 63)
16 ans et des poussières, de Mireille Disdero
Avoir son brevet, 16 ans et vivre en cité... pas très idyllique. Surtout quand on a une mère comme celle de Shayna qui refuse ce qu'on ose à peine espérer : un avenir ! Shayna partage donc ses vacances entre la cité et ses désagréments représentés en la personne de Rox man, son copain et les confrontations avec sa mère sur fond d'un été marseillais et de soirées sur un toit au couché du soleil.
Ce roman réaliste sans gravité ni larmoiement délivre même une note d'espoir. Adolescence et avenir font donc bon ménage. On a beau suivre un narrateur féminin, on ne tombe pas dans les petits tracas de l'adolescente rose bonbon, ici on vise des problèmes plus profonds qui peuvent avoir un réel impact sur le reste de sa vie. Le coeur du problème est dans le choix des études : on s'autorise des études longues ou professionnelles pour vite débarrasser "maman" de sa présence.
Violène M.
Marseille, quartiers Nord. Une jeune fille, Shayna vit ses seize ans entre sa mère qui a l'impression que cette grande fille l'empêche de vivre sa vie de femme et les problèmes du quartier. Elle aimerait bien passer en seconde et continuer une scolarité normale, mais elle n'est pas du tout poussé par sa mère.
Ce petit roman de 77 pages est très positif, car il laisse entrevoir toujours un possible avenir qui s'ouvre vers la culture (incarnée par un professeur et une bibliothèque). Plein de bons sentiments également car les méchants du quartier sont finalement punis, et très marseillais dans l'âme, c'est un hymne à la jeunesse, à la résilience sociale et culturelle.
Publié au Seuil (Karactères)
Lululus
Le 17 novembre 2009, Déborah Durand (journaliste, Les Histoires sans fin) écrit :
Shayna a 16 ans, est en troisième, et est très amoureuse d'Enzo. Jusque là, tout est banal ? Oui, mais Shayna vit dans une cité, là où les chiens montrent leurs crocs, se font tuer, où la
peur des bandes l'oppresse chaque jour et où le soleil de Marseille ne parvient pas à réchauffer son cœur. La mère de la jeune adolescente n'est, en plus, pas désireuse de la voir « s'en
sortir ». Elle voudrait que sa fille travaille et débarrasse le plancher pour recouvrer sa jeunesse perdue. Que faire, alors, lorsque la vie semble vouer à l'échec ? Heureusement, une
professeur croit au potentiel de Shayna et l'adolescente n'est pas prête de baisser les bras.
Mireille Disdero reprend une nouvelle qu'elle avait écrite pour nous offrir une histoire plus construite et étoffée. Ainsi, dans 16 ans et des poussières, le portrait de la jeune fille a le
temps de se développer. Loin des clichés, l'auteur propose avec une langue poétique une peinture sombre des cités souvent oubliées, celles du Sud, aussi tristes et grises que les célèbres
banlieues parisiennes. À Marseille, la mer s'épanouit... Shayna aimerait sortir des murs pour en faire autant.
Déborah Durand


Une jeune fille des cités nord de Marseille parle de sa vie, coincée entre les immeubles sordides, frustrée d'affection par une mère épuisée et récriminatrice. Quelques lueurs éclairent son univers : Enzo, le garçon protecteur et tendre qui l'aime et la comprend, la mer immense qu'ils vont contempler du haut de leur tour et l'espoir de rentrer au lycée en septembre prochain. Ce récit à la première personne écrit sur un mode intime, laisse fuser la lassitude d'un quotidien limité, avec des remontées de douleur et de colère en quelques phrases puissantes. Le rythme est lent : on est dans l'introspection. Quelques passages sonnent de manière un peu trop littéraire pour une telle réalité, mais l'ensemble est fluide. A réserver aux grands ados et aux jeunes adultes.
Nadine
Une jeune lectrice, lors d'une signature à La Barben, fin octobre, m'a dit à propos de "16 ans et des poussières" :
"Je l'ai lu, je l'ai adoré, je vais le relire !"
... Et quand je lui ai demandé son âge, elle m'a répondu :
"10 ans et demi" !
Elle m'a un peu parlé du roman, de ce qu'elle y avait trouvé. J'ai compris que rien d'essentiel ne lui avait échappé. Bon, d'accord, c'était une très très bonne lectrice, dévoreuse de livres et passionnée par la lecture. Il n'empêche. Je crois qu'il ne faut pas enfermer un roman dans un "âge" de lecteur. Chacun peut le découvrir à l'âge qu'il veut, du moment qu'il en a envie. Mireille Disdero
Le 12 décembre 2009, Valérie Reverger, bibliothécaire près de Marseille, écrit :
L’été commence pour Shayna et arrivent alors la recherche de petits boulots, les rencontres avec son petit ami Enzo, les problèmes relationnels avec sa mère et surtout les craintes de croiser dans sa cité marseillaise, la bande de Rox Man, le petit caïd du quartier. Pour échapper à leur quotidien peu reluisant, la jeune fille et Enzo s’installent sur le toit de l’immeuble, face à la mer, en dépit des risques.
Ce roman pour adolescents de 14 ans et plus, aborde les problèmes rencontrés dans les banlieues où la violence est loi. Heureusement le rêve, les projets, encouragés par des associations de quartier, permettent de s’évader et d’avancer dans la vie. Un roman qui pourrait être lu à voix haute, d’autant que son auteur a pris le parti d’écrire dans un bon français et non pas à la façon jeun’s.
Valérie Reverger
Sur Adamantablogue, Jean-Pierre Desthuilliers écrit, le dimanche 27 décembre 09 à Paris :
Karactère(s)
Bonjour,
Je viens juste de finir votre livre, et je l'ai trouvé vraiment magnifiquement bien écrit, très émouvant, tout est fait en finesse. Je pense sincèrement que vous avez un don pour l'écriture, et si vous veniez à écrire d'autres livres, je les lirais dès leur sortie. Vous peignez les émotions avec tellement de justesse, et en si peu de mots... Il n'y a jamais de moments trop longs, le livre est parfait du début à la fin. Les phrases sont tellement belles que cela me donne envie de les apprendre par coeur. Je vous félicite vraiment, et j'espère que vous continuerez à écrire.
Bonne continuation,
Marion, 15 ans

J'ai encore reçu ce livre (16 ans et des poussières) grâce à l'heureuse initiative du Blog-o-Book et des éditions du Seuil. Les oeuvres de jeunesse sont de qualité aux éditions du Seuil et les adolescents apprécient particulièrement des auteurs comme Hubert Ben Kemoun, Yaël Hassan, Claire Mazard ou David Klass. La collection porte le nom bien choisi de "Karactère(s)".
Présentation de l'auteure
Mireille Disdero vit en Provence dans la région d'Aix. Elle est titulaire d'un DEA. Elle a travaillé dans les métiers du livres. Elle est directrice d'une maison d'édition: Alba, créée en 2003. On retrouve ses écrits dans son blog.
Présentation du roman
Le livre décrit en 16 chapitres le quotidien d'une adolescente de 16 ans qui vit dans une cité. Bien sûr le sujet a déjà été traité, mais ici les propos sortent de l'ordinaire. Les relations entre Shayna et sa mère sont finement analysées. Le portait de la mère est sans concession. La réalité n'a rien d'idéale, Shayna est même confrontée à la violence. Heureusement son ami Enzo la protège. Mais quand il provoque la bande de Rox Man pour la protéger, on ne peut s'empêcher de trembler pour lui.
Le livre se lit facilement. Les personnages sont bien saisis dans leur essence, on se passionne très vite pour cette tranche de vie. On a l'impression de connaître les personnages tant il nous semble proches. La jeune fille se rattache à ce qu'elle a pour progresser, elle est positive et optimiste malgré le poids de la fatalité. Sa mère, plus résignée, devra reconnaître que sa fille lui a donné une belle leçon de courage. Le personnage du professeur de Français aussi est très positif. Il incite Shayna à poursuivre ses études. Grâce aux petits papiers qu'elle lui laisse, elle la guide sur le chemin de la sagesse. Cette mère de substitution l'autorise à grandir en prenant confiance en elle. On comprend que la véritable mère de Shayna l'aime aussi mais qu'elle n'est pas capable d'exprimer de la tendresse à son attention. Elle ne fait que la mettre en garde contre les dangers de la vie. Elle a peur que sa fille devienne comme elle. Les difficultés matérielles semblent la bloquer et restreindre tout geste d'amour maternel.
En somme, l'auteur donne un bel exemple de courage. Elle sous-entend que, malgré les difficultés, on peut être maître de son destin.
Un extrait du roman
"La lumière de l'été, forte, mange les murs et les ombres minuscules qui s'y réfugient. Elle absorbe la colère qui navigue dans mes yeux quand je pense à ma mère. Et j'y pense souvent. C'est ma mère, elle rime avec colère."
Velvet
Samedi 6 mars 2010, sur son blog Allezyd'mapart, Zizanette écrit :
Shayna vit à Marseille, dans une cité. C'est l'été et elle est à un moment clé de sa vie. Elle voudrait bien poursuivre ses études en seconde au lycée, mais ni sa mère, ni l'environnement
dans lequel elle baignent ne semblent favoriser ses projets. A elle de prouver que la fatalité ne va pas lui coller à la peau...
Dans cette histoire, écrite par Mireille Disdero, la jeune héroïne pleine de sensibilité et bien plus mûre que ses 16 ans ne pourraient le laisser penser, s'interroge sur sa vie, sur son
avenir... C'est très bien écrit; le texte est court, mais dense. L'auteur analyse avec pertinence les difficultés qu'éprouve la jeune Shayna à sortir d'un milieu qui semble se refermer sur
elle... L'adolescente a le goût des livres et de la culture en général, même si son environnement n'est pas très favorable à un épanouissement dans ce domaine... Madame Bizmuth, sa prof de
Français, est d'ailleurs pour elle comme un guide... Et puis il y a Enzo son petit ami, qu'elle aime depuis toujours ou presque et qu'elle retrouve le soir, sur le toit de leur
immeuble...
J'ai beaucoup aimé ce roman. Il a une force que l'on ne retrouve pas souvent... J'ai aimé le découvrir, rentrer dans l'univers de Shayna, partager ses doutes, ses peurs, ses émotions, ... Il
se lit d'une traite.
Un grand merci à blog-o-book et aux éditions du Seuil, qui m'ont permis de lire ce livre...
Zizanette
Sur Le Monde de Mara, le 13 mars, elle explique à propos de sa lecture de 16 ans et des poussières :
Mes 16 ans sont loin et j'ai par conséquent eu du mal à m'identifier à Shayna. Surtout que mon adolescence n'a rien en commun avec
celle-ci. Mais ce livre, assez court, se lit très facilement. On suit la vie de Shayna sur en été. L'auteur utilise malheureusement quelques clichés, comme la mère qui délaisse sa fille et ne
s'en rapproche qu'à la toute fin, ou le fait que seul le professeur arrive à comprendre Shayna. Mais je pense que ce qui me gène à mon âge ne doit pas gêner le public visé.
En dehors de ça, c'est un livre très plaisant. Et il a le mérite de montrer une autre vision des "cités" que celle montrée dans les médias. Si vous avez des adolescents, je pense que cela
peut leur plaire. Pour ma part, c'est avec plaisir que je suis retournée à l'adolescence le temps d'un livre.
Mara
Dans le catalogue des collections, le Centre National de la Littérature pour la Jeunesse La Joie par les livres écrit à propos de 16 ans et des poussières :
En avril 2010, Nicole Verdun (Val de Lire) écrit :
Shayna, la narratrice, vient tout juste d'avoir 16 ans et son brevet.
(...) Quel sens donner à la vie quand tout est difficile ? Une situation dramatique est-elle nécessaire pour que les piliers sociaux : les parents, les institutions, prennent leurs responsabilités ? Le père d'Enzo et la professeure de français sont des figures exemplaires. Shayna est émouvante, c'est un beau personnage de jeune fille issue de l'immigration, bien intégrée, qui cherche à défendre le droit des femmes et qui, en s'appuyant sur un "modèle", se projette dans un avenir où elle serait, par exemple, bibliothécaire ! Un peu pédagogique, peut-être ?
Nicole Verdun
En mai 2010, coup de coeur de LIREVASION... , de LIRE en TOURAINE ...
Lilimarylene, le 21 mai 2010, écrit sur Babélio, à propos de "16 ans et des poussières" :
Ce roman est une bonne surprise. Je l'ai pris dans un rayonnage parce que j'ai été attirée par le titre, puis par la couverture. Et ma curiosité a été récompensée. En moins de 80 pages, on prend une véritable claque dans la figure, une violente rafale de mistral qui rappelle le goût de la vraie vie. Le roman donne un aperçu sincère de la vie d'une cité et décrit avec pudeur des personnages entiers. La langue coule comme du sable fin et c'est un vrai plaisir de se plonger dans les pensées de la jeune fille. Par certains aspects thématiques, le roman peut rappeler La fille mozaïque, de Régine Détambel, mais j'ai trouvé que 16 ans et des poussières était beaucoup plus vrai, beaucoup plus authentique. Un roman coup de poing, efficace et fulgurant. A conseiller à tous les ados qui n'ont pas envie de lire.
Lilimarylène
Sur Parolimage DaDo, lectures pour adolescents, Niurka écrit, en juin 2010
16 ans et des poussières... Mireille Disdero –Seuil Karactère(s)
C’est un livre à la première personne où le « je » de la jeune fille qui parle explore les méandres de sa vie qu’elle sent menacée, ceci avec la fureur de la peur et de la rage.
Shayna a 16 ans. Les souvenirs heureux de sa petite enfance sont loin. Le présent est difficile à vivre. D’abord, sa mère, exploitée, humiliée, aigrie que sa fille dérange.
Shayna, encouragée par son professeur de français, souhaite ardemment entrer au lycée mais il est difficile d’en convaincre la mère. Engluée dans sa relation difficile avec celle-ci, la jeune fille a , cependant, une amie, Djam, dont le destin est terriblement éprouvant car elle reste enfermée dans un squat avec interdiction de sortir. Son mari y veille. Aussi, dans cet enferment forcé, les deux amies se voient-elle clandestinement. Une petite éclaircie dans leur vie.
Il y aussi la bande de Rox Man qui tourne autour d’elle…
Heureusement, Enzo est là, son ami de toujours, à présent son amour.
Et puis, il y a Marseille, sa ville son ciel, sa mer, ses goélands, sa liberté.
Un court récit qui parle de la vie difficile d’une jeune fille dans une cité des quartiers nord de Marseille. Sans forcer le trait, l’auteure imprime au récit un rythme qui décrit à la fois les situations de mise en danger des personnages, sans pour autant occulter les sentiments d’amour et d’affection qui aident l’adolescente à puiser l’énergie nécessaire pour affronter la vie et surmonter son découragement. Et le moment où Enzo et Shayna se retrouvent, seuls sur le toit de l’immeuble, la tête dans les étoiles et dominant la ville jusqu’à la mer est particulièrement beau.
Vous l’aurez compris ce roman ne peut que séduire car l’histoire est forte et sa lecture aisée. A recommander dès 13 ans.
En quelques mots
C’est dans une cité marseillaise que la jeune Shayna survit. Avec sa mère, quand celle-ci ne la rejette pas… Entre les cris, la misère et les peurs. Heureusement, l’adolescente peut
compter sur Enzo, son grand ami, son grand amour. A deux, du haut de leur tour, ils contemplent l’horizon. Ils rêvent d’un ailleurs, d’un autre âge… d’une vie autre.
Trois bonnes raisons de lire 16 ans et des poussières
- Mireille Disdero retranscrit avec simplicité et émotions les troubles qu’une adolescente peut ressentir: les émois amoureux, la peur, la peine aussi… Le cœur de la jeune
fille est mis à nu. C’est un personnage touchant, sincère.
- Le sujet lui-même est intéressant: 16 ans, c’est l’âge des choix. L’âge où l’on choisit une voie professionnelle ou scolaire. L’âge où l’on vit les premières amours. L’âge où l’on
s’affirme, où l’on se confronte (ou pas) aux parents… Un âge charnière, en quelque sorte. Ces questions existentielles prennent une tournure plus radicale
pour Shayna car elles s’inscrivent dans un contexte social difficile: peut-elle vraiment faire, être, devenir ce qu’elle veut? Ces deux aspects (le coeur mis à nu, l’heure des choix)
permettent au lecteur adulte un retour sur lui-même, un saut dans le passé. On a tous eu des rêves d’ados…
- Le décor peint en filigranes prend alors de l’importance. Avec son quotidien, Shayna offre un aperçu, triste et pitoyable, violent aussi, des « chiennes de vie », des
laissés-pour-compte…
Finalement, je n’ai que deux bémols à formuler: la fin m’a laissée sceptique, je la trouve un peu décevante dans la mesure où elle brise le réalisme du roman (elle apporte un peu de poésie en contre partie). Par ailleurs, ce roman aurait gagné à évoquer plus densément ce quotidien misérable qui gangrène les vies…
- Une quatrième raison (si les trois proposées ne suffisent pas): la couverture! Elle reflète très bien l’esprit et la teneur du roman… et invite à s’abîmer dans les rêveries…
Encore merci à BoB, au Seuil pour leur patience et pour cette belle découverte.
Marie L.
Dans la revue Virgule (n°77), en septembre 2010, on peut lire :
La vie de Shayna n'est pas spécialement rose. Coincée dans une cité de Marseille où sévissent les caïds du quartier, l'adolescente
doit aussi faire face aux reproches perpétuels et au manque d'intérêt de sa mère. C'est l'été, Shayna a 16 ans et vient d'avoir son brevet ; mais l'argent manque, et sa mère, justement,
refuse catégoriquement de lui laisser poursuivre ses études. Heureusement, Shayna a l'amour d'Enzo, son petit ami, le soutien de Mme Bizmuth, sa prof de français, et la mer, qu'elle aperçoit
au loin, du haut de son immeuble.
L'avis de Marion, 15 ans
Un livre magnifique, très émouvant et exceptionnellement bien écrit. C'est profondément touchant, on ne peut pas le quitter. Un des meilleurs livres que j'ai lus depuis longtemps.
L'avis de Métaphore
Un joli roman, où l'amour et la joie de vivre se nichent là où on
ne les attend pas, et qui peint un beau portrait d'adolescente en mal d'affection et d'évasion. Parce qu'on prend plaisir à suivre Shayna, le roman aurait juste mérité d'être plus étoffé,
notamment à la fin. Virgule, Septembre 2010 (revue pour les 10/15 ans)
Des études de séminaire et travaux universitaires ont été effectués sur "16 ans et des poussières", par des lycéens et étudiants. Sur la page Interview de Bleu Indigo, vous pouvez lire l'un de ces travaux (par Anne Hahn, lycéenne allemande).
Madame Disdero, l'auteure du livre "16 ans et des poussières", est venue pour présenter son livre dans notre école, Wilhelm-Raabe-Schule.
Mme Disdero est arrivée le 19 novembre 2010 pour nous présenter son livre, qui est un concurrent au « Prix des Lycéens Allemands » (PDLA).
Elle avait non seulement l'air gentille et ouverte, mais elle a aussi présenté son livre d'une manière vivante, notamment à travers des photos, des explications concernant des extraits
intéressants du livre. Elle nous avait préparé deux diaporamas.
Le premier nous a permis de nous faire une bonne impression de la ville de Marseille où se déroule l'histoire du roman.
Après avoir lu quelques extraits, elle nous a montré des images des lieux plus précis où se déroulent les scènes principales du roman. La plupart de ces photos, représentaient des situations de
détresse sociale, ayant pour raison la thématique du livre : des problèmes sociaux marseillais.
À la fin de la présentation, les élèves on eu la possibilité de poser des questions auxquelles Madame Disdero a répondu d’une manière complète et intéressante.
Elle a terminé sa présentation avec la phrase: « On peut réaliser ses rêves », étant le message et la morale du livre.
Ella Eidelmann, Q2 Französisch eA
Sur Babelio, par Monana en janvier 2011
Ce court roman, à l'origine né d'une nouvelle, raconte la vie misérable d'une adolescente vivant dans un quartier défavorisé d'une grande ville française. L'auteur dépeint avec justesse la relation difficile entre une mère et sa fille. La mère cherche autant à fuir son rôle, qu'elle a du certainement assumer beaucoup trop jeune, tandis que sa fille cherche sans succès l'amour maternel, quelques grammes d'affection. Réfugiée chez son petit ami qui la protège des petites frappes du quartier, elle doit vivre douloureusement et tente d'échapper au déterminisme social dans lequel sa mère veut la pousser. Ecrit avec finesse, ce roman pour adolescents parle de la démission des parents, de la difficulté pour certains adolescents à sortir de leur environnement pour mériter mieux que la vie que leurs parents leur offrent. L'écriture poétique et le malaise existentiel dépeints font de ce court roman une belle lecture, à conseiller (monana28).
Sur le site de la TSR, le CLIP de "16 ans et des poussières", le dossier pédagogique...
Le 27 mars 2011, Hélène Leroy écrit dans Travailler moins pour lire plus :
L'avenir de Shayna n'est pas rose. Après le brevet, sa mère ne veut pas qu'elle continue ses études : elle n'a pas les moyens financiers. Pourtant Shayna se
voit bien en seconde et Mme Bizmuth, son prof de Français l'encourage, persuadée des capacités de son élève. Heureusement, Shayna a aussi Enzo, son petit ami qui la soutient et qui l'emmène sur
les toits, regarder la mer. Mais saura-t-il la protéger de la violence du quartier et de Rox Man et sa bande ?
Un portrait noir et sans concession d'un quartier populaire de Marseille : la violence, le chômage et pourtant une lueur d'espoir pour Shayna, soutenue par son enseignante. Très beau récit d'un
combat de jeunes qui ne veulent pas baisser les bras, d'une histoire d'amour salvatrice. Le ton est juste, les personnages attachants : 75 pages intenses ! A conseiller dès la 4e.
Hélène Leroy
A Leipzig, en mars 2011, pour la foire du livre et le prix des Lycéens allemands
11 avril 2011, à Valenciennes, sur le blog "de ces mots que j'aime"
Un roman très court, moins de cent pages, un roman découvert au CDI et lu en trois quarts d'heure oui, mais surtout un roman qui m'a marquée, un roman "coup de poing" comme disait ma prof de
français.
Une adolescente qui doit faire des choix, qui doit trouver son chemin. Sans l'aide de sa mère, qui "rime avec colère" et qui ne sait plus lui montrer qu'elle tient malgré tout à elle
puisqu'elle vit depuis trop longtemps dans un univers qui annihile les sentiments. C'est une autre facette des cités qui nous est racontée dans ce livre, une où l'héroïne prend en main son
destin pour mener sa vie comme elle l'entend.
Une histoire racontée à la première personne et qui nous plonge totalement dans la lecture, qui fait réfléchir à ce monde que l'on pourrait penser loin, voir banni de nos pays "civilisés" mais
qui ne l'est en fait pas. Shayna vit dans un quartier de Marseille, elle aime lire, elle aime apprendre, et malgré le siècle dans lequel elle vit, elle doit encore lutter pour pouvoir
exercer ce qui est censé être un droit. Une auteure indéniablement douée, et qui a su développer sa nouvelle en court roman avec beaucoup d'habileté, pas trop de description (après une lecture
de Balzac, ça soulage !), pas de "temps morts" juste une histoire qui nous plait de la première à la dernière page.
AU COLLEGE LUCIE AUBRAC, Ateliers d'écriture Bleu Méditerranée et 16 ans et des poussières...
Je tiens tout d’abord à remercier les éditions du Seuil pour m’avoir fait découvrir ce petit roman très touchant.
16 ans et des poussières, c’est l’histoire d’une jeune fille qui vit dans la cité de Marseille, dans les quartiers chauds, et qui tente tant bien que mal de s’en sortir, malgré une mère distante et froide et une situation financière assez catastrophique.
Cette jeune fille, Shayna, est d’un courage remarquable. De par sa situation, elle nous touche, mais ce qui nous touche également c’est sa volonté, sa force et sa sagesse. Du haut de ses 16 ans, elle est plus mature que sa mère et que bien des jeunes gens qui ne vivent pas dans ces conditions.
Ce roman nous fait vraiment réfléchir, et nous donne envie de regarder notre vie différemment. Shayna nous montre la valeur des petites choses. Un petit déjeuner avec du pain, des céréales et de la confiture, c’est presque un rêve pour elle. Elle vit constamment dans l’humiliation, dans la solitude et dans le manque de reconnaissance. On sent bien que sa mère ne sait pas l’aimer, elle ne cherche qu’à s’en débarrasser, c’est un boulet pour elle. Mais derrière cette façade, on sent aussi un amour qui n’arrive pas à trouver ses repères, un amour maladroit, caché derrière une lassitude et un manque de courage, de force. Elle est mère, mais elle ne sait comment l’exprimer, alors elle fuit. C’est du moins ce que j’ai ressenti, personnellement.
L’écriture de Mireille Disdero est un pur délice. J’ai vraiment adoré cette façon de voir le monde à travers des images toutes plus parlantes les unes que les autres. Elle arrive à nous toucher à travers ces images fortes, le miroir qui pleure des larmes de sang, la « chienne de vie » qui évolue entre l’image du début et celle de la fin. Ce sont tous ces moments forts qui m’ont marqué dans la lecture de ce roman touchant, beau et vrai. C’est un roman emplit d’espoir tout en montrant bien la dure réalité de cette situation. Ce n’est pas un roman où tout est bien qui finit bien, il y a bien sûr une évolution positive, et un évènement que Shayna elle-même nomme de « miracle », mais la fin n’est pas une transformation transcendantale de la situation de la jeune fille, même si les choses ont évoluées en bien pour elle. C’est rempli d’espoir tout en restant réaliste, c’est dans des débuts de transformation, ou plutôt de changement que nous entrevoyons cet espoir.
Finalement, si je devais décrire ce roman avec un mot ce serait subtil. Tout passe dans cette subtilité magnifique. Subtilité dans l’histoire, subtilité dans l’écriture … et croyez-moi, ça fait vraiment du bien et ça nous touche presque plus que de l’extraordinaire. Laissez-vous toucher par Shayna et son histoire, cet été de ses 16 ans qu’elle nous raconte avec ses mots.
Ailayah
Cali, dans Club de lecture a adoré
Morelinde écrit, le Mer 15 Fév 2012
Mon avis :
C'est mon 1er coup de cœur de l'année. Sans tomber dans les clichés de la banlieue, l'auteur décrit avec justesse le désarroi d'une adolescente qui espère tant et qui semble piégée, rejetée par sa mère, condamnée dans cette cité.
J'ai apprécie l'évolution des rapports entre Shayna et sa mère ; comment une mère en arrive à ne plus supporter sa propre fille quand le dialogue est rompu. C'est une histoire émouvante pour plusieurs raisons :
- le regard de Shayna sur sa mère, ce coeur lourd à chaque fois qu'elle réalise les faiblesses de celle qui l'a mise au monde
- la délicatesse de cet amour naissant entre Enzo et elle
- le défilé des sentiments entre la colère, la tristesse, la honte, l'amour, la peur... associé à des descriptions et des images évocatrices et poétiques.
Certains passages du roman semblent refléter cet amour qu'à Shayna pour la lecture. Je finis par un extrait du livre :
"La lumière de l'été, forte, mange les murs et les ombres qui s'y réfugient. Elle absorbe la colère qui navigue dans mes yeux quand je pense à ma mère. Et j'y pense souvent. C'est ma mère, elle rime avec colère".
Le 13 avril, Hélène écrit dans "Il est grand temps de rallumer les étoiles"
Dans une cité, percée comme un nid d’aigle au-dessus de Marseille, vivent tragiquement des familles venues de tous les horizons de la Méditerranée : italiens, espagnols, arabes, arméniens… et français de souche. C’est là où nous rencontrons Shayna, elle a 16 ans cet été….
J’ai beaucoup aimé cette tendre rencontre, j’ai aimé Shayna comme une petite sœur de cœur : j’ai grandi comme elle, dans cette même ville, avec toujours la mer, le bleu pour horizon, le vent et avec l’espoir, voire même la croyance qu’il y a ailleurs un monde de tendresse, comme elle, j’ai choisi de me mettre en route.
Extrait : « Maintenant, je sais que je prendrai soin de ceux qui ont de la tendresse. Les chiens, les enfants, Enzo, Djam, et même ma mère, si elle en a besoin. En serrant le chien contre mon cœur, j’ai envie de serrer la terre entière. Je pense à notre vie qui ne fait que commencer, comme dans ce gros roman que je viens de refermer et que j’ai aimé… »
Le premier mai 2012, Liyah nous dit dans Les lectures de Liyah :
16 ans et des poussières a remporté le prix ados "Tout en auteurs" 2011
Nouvelle édition le 20 octobre 2011
Seuil, Hors Collection

Edmond Baudoin
Avec le bleu, il suffisait de tracer une simple ligne en travers de la page et l'on avait la ligne d'horizon de toutes les mers.
Vladimir Nabokov, Autres rivages
J'observe tous ces éléments, je m'en imprègne : le temple, le village, la rivière, les montagnes, les courbes, le bleu - l'énergie bleue, les pulsations... Tout
n'est que palpitation bleue, silence vibrant, immobilité mouvante.
"L'unité de la contemplation et de l'action est illustrée par un dessin Zen représentant Bodhidharma, le visage et le corps parfaitement calme, cependant que sa robe est agitée par le vent."
Kenneth White, Le Visage du vent d'Est (Errances asiatiques, coll. Espaces libres Albin Michel)
Un matin, l'un de de nous manquant de noir, se servit de bleu : l'impressionnisme était né. Auguste Renoir
Bleu acier, aigue-marine, bleu ardoise, azur, azuré, azurin, bleu barbeau, bleu de Berlin, bleuâtre, bleuet, caeruleum, bleu canard, céleste, céruléen, bleu
charrette, bleu ciel, cobalt, cyan, bleu dragée, bleu électrique, bleu roi, bleu givré, bleu Klein, lapis-lazuli, lavande, majorelle, marine, bleu nuit, outremer, bleu paon et pers, bleu pétrole,
plombé et de Prusse, saphir, turquin et turquoise... bleu indigo !
Quand je n'ai pas de bleu, je mets du rouge. Picasso
bleu cyan, (kuanos en Grec, azurite) est une couleur pure de la lumière, souvent appelée bleu ciel.









Chalets de
Blins, Alpes (Italie) en été
A Berlin en mai,
Saint Véran dans les Hautes-Alpes...
for ever
Just a perfect day drink sangria in the park
and then later when it gets dark we go home
just a perfect day, feed animals in the zoo
and later a movie too and then home
oh it's such a perfect day, i'm glad i spend it with you
oh such a perfect day, you just keep me hanging on
you just keep me hanging on
just a perfect day, problems all left alone
week enders on our own
it's such fun
just a perfect day, you make me forgett myself
i thought i was someone else, someone good
oh it's such a perfect day, i'm glad i spend it with you
oh such a perfect day, you just keep me hanging on
you just keep me hanging on
you're going to reap just what she saw
Lou Reed
*
Quand tisonner les mots pour un peu de couleur
ne sera plus ton affaire
quand le rouge des sorbiers et la cambrure des filles
ne te feront plus regretter ta jeunesse
quand un nouveau visage tout écorné d’absence
ne fera plus trembler ce que tu croyais solide
quand le froid aura pris congé du froid
et l’oubli dit adieu à l’oubli
quand tout aura revêtu la silencieuse opacité du houx
ce jour-là
quelqu’un t’attendra au bord du chemin
pour te dire que c’était bien ainsi
que tu devais terminer ton voyage
démuni
tout à fait démuni
alors peut-être...
mais que la neige tombée cette nuit
soit aussi comme un doigt sur ta bouche
Genève, décembre 1977
Nicolas Bouvier - Le dehors et le dedans
Ed. Zoé
*
Tout finit par passer. Tout passe par l'infini... Nous ne serons jamais finis, ni définis. Nous résistons à la définition qui tuerait notre poésie du coeur et de l'être.
Pascal Ludovic Saissi, septembre
2006
*
Nous avons pris la route du Sud comme si nous étions réveillés, et pourtant, chaque détail du paysage se liait au suivant selon la logique impeccable du rêve.
Jemia et J.M.G. Le Clézio, Gens des nuages, Gallimard - Folio 1997
*
L'orage est mon domaine et quand le vent se lève mon âme
tourbillonne.
Beethoven
*
Que ferais-je sans ce monde, sans visage, sans question
Où être ne dure qu'un instant
Où chaque instant verse dans le vide
Dans l'oubli d'avoir été
Sans cette ombre où à la fin corps et ombres ensemble s'engloutissent
Que ferais-je sans ce silence, gouffre de murmures
Haletant, furieux, vers le secours, vers l'amour
Sans ce ciel qui s'élève sur la poussière de ses lests
Que ferais-je ? Je ferais comme hier, comme aujourd'hui
Regardant par mon hublot si je ne suis pas seul
A errer et à virer loin de toute vie
Dans un espace pantin
Sans voix, parmi les voix enfermées avec moi.
Samuel Beckett
*
Une femme, douce crème, forte d'un café italien tassé de tessitures a pris mes mains battues de poussières et de routes dans une gare allumée par le soir.
Pascal Ludovic Saissi
*
-- I would shelter you
Keep you in light
But I can only teach you
Night vision --
S. Vega, Solitude standing
*
L’invisible a ses chemins, et nous avons les nôtres. (...)
Peu lui importe notre rôle d’esclave et notre fatuité qui nous affirme que nous sommes libres.
Jean Cocteau, In Journal d’un Inconnu
*
Libre à vous de croire et de chercher, de donner encore à la poésie ce but : dans un monde de non-sens, tous les sens sont primordiaux.
Daniel Brochard
*
Je crois en l'amour. A une dimension absolue de l'amour. Je crois en l'amour comme le chercheur croit au fabuleux aperçu un jour dans son microscope et qu'il n'a de cesse de vouloir prouver envers et contre tout. Même quand on le décrie, même quand on se moque, même quand on le fait mourir.
Île Eniger
J’ai pourtant longtemps exercé le métier de sociologue. Je devrais donc, à ce titre, développer tout un discours sur les « handicaps culturels », les « déterminations sociales », les inégalités d’accès aux arts et ainsi de suite, et en conclure à la fatalité de l’ignorance et du manque d’intérêt.
Mais il se trouve que j’ai également un assez long passé d’écrivain. Et que cela m’a conduit à rencontrer des collégiens, des lycéens, des jeunes gens dans des médiathèques – entre autres en Seine-Saint-Denis (Montreuil, Bobigny, Noisy-le-Sec, St-Denis, St-Ouen etc.).
Or ces expériences multiples m’ont toutes, absolument toutes, démontré une chose : je me suis trouvé face à face avec des jeunes gens qui, à première vue, se fichent de la lecture, mais je sais que quand on parle avec eux, quand on leur explique ce que c’est qu’un livre, quand on leur montre comment un roman s’écrit, quand on les fait entrer pour de bon dans l’atelier d’un écrivain, quand on écrit au moins un peu avec eux, bref quand on travaille avec eux, alors on s’aperçoit qu’ils sont prêts à s’ouvrir à la lecture, et aux livres, et aux arts, et que leur appétit grandit à mesure que le travail avance.
Revenons un instant sur la sociologie : tout montre que les besoins culturels sont d’une nature très particulière : au lieu d’être satisfaits et comblés par une consommation, ils se développent au contraire au fur et à mesure que la consommation grandit.
Voilà pourquoi je suis en définitive d’accord avec moi-même, comme écrivain et comme sociologue, pour récuser toute fatalité. Je suis persuadé qu’il n’y a pas de destins tout tracés, mais des combats. Et qu’on peut gagner ces combats si on accepte de se battre.
Cela signifie qu’il ne suffit pas de placer des livres en vitrine pour en être quitte avec une politique du livre. C’est nécessaire, certes, mais il faut en même temps monter sur le ring de la lecture : rencontrer des jeunes gens et se battre. On verra très vite qu’on ne lutte pas contre eux, mais qu’ils luttent avec nous. Cela aussi s’appelle le bonheur de la lecture.
Jean-Noël Blanc sur Le pouvoir des livres (commentaire du 23/02/2010