Partager l'article ! INTERVIEW "L'ATTITUDE DES JEUNES FACE A LA LECTURE...: INTERVIEW de Mireille Disdero par Anne Hahn, lycéenne a ...
BLEU
INDIGO ROMAN,
POESIE... LITTERATURE
JEUNESSE
Pour écrire, il faut aimer et pour aimer il faut comprendre.
John Fante, Mon chien Stupide (West of Rome)
Bienvenue sur le blog de Mireille Disdero - Auteur
Dans les Hautes-Pyrénées pour le
Prix Littérature Ados Tout en auteurs 2011 !
A Berlin, en mai 2011, pour un colloque sur la littérature de jeunesse. Rencontres, signatures, lectures...
Lire Ensemble ! Je suis auteure en résidence pour Agglopole
Provence.
Sur le thème du BLEU - Pour Lire Ensemble 2011, du 10 février au 15 avril 2011 (ateliers d'écriture en poésie, avec les adolescents) VOIR ICI
A la Foire du Livre de Leipzig (Allemagne), 17, 18, 19 mars 2011 (Prix des Lycéens allemands)
En Allemagne du nord, du 14 au 23 novembre 2010, circuit de rencontres avec les classes de lycéens allemands dans le cadre du Prix des Lycéens allemands 2011

Au salon du livre pour la jeunesse Ivres de livres, le dimanche 6 juin 2010 à Istres.
Au salon du livre pour la jeunesse de Six-Fours (Var), les 30 avril, 1 et 2 mai 2010
Une photo d'Antoine, La Boucherie littéraire, Association L'E dans L'O
Rencontre, lectures, signatures... A Lançon-de-Provence, samedi 28 novembre 2009 - Une photo de
Laurent G.
Au Salon du livre d'Aubagne, stand des éditions du Seuil, en novembre 2009...
L'espace de liberté de la littérature de jeunesse a dévérouillé mon écriture pour adultes. Arnaud Cathrine (LIRE)
Je l'ai lu dans le TGV Marseille/Strasbourg, à cheval entre 2011 et 2012. Elle m'a perturbée et remuée. Je ne m'y attendais pas car je suis un peu méfiante, vis à vis des
envolées médiatiques autour d'un livre comme c'était le cas pour celui-ci. Sauf que... cette fois, le récit en vaut la peine. En la lisant, j'ai beaucoup pensé à ma mère. Et puis ce titre !
Quelque chose de Bashung. Alors oui, oui pour Delphine de Vigan. Lisez "Rien ne s'oppose à la nuit", laissez-vous emporter.
Chaque volume, chaque livre que tu voies a une âme. L’âme de celui qui l’a écrit, et l’âme de ceux qui l’ont lu, ont vécu et rêvé avec lui. Carlos Ruiz Zafon, L’Ombre du vent
Excepté cette route souvent fermée par la neige ou les boues du printemps, excepté l'autobus vert amande qui met parfois cinq jours pour atteindre Téhéran, rien ne relie la ville au monde extérieur. Dans son berceau de peupliers, de hautes terres et de vent, Tabriz vit dans un isolement singulier.
Nicolas Bouvier,
le 15 octobre, dans L'Oeil du voyageur
...
Nathalie Novi
C’est un silence plein de vie, un paysage
mill
énaire tout en changement C’est un matin au pays basque
Aussi l’idée de toucher l’âme aimée.
H Grillot







Edmond Baudoin, son trait, vraiment

L'été quand on roule, les couleurs se déplacent vite, il faut les prendre sans tarder...
Pour qu'un amour soit
inoubliable, il faut que les hasards s'y rejoignent dès le premier instant. Milan Kundera, L'Insoutenable légèreté de l'être.
A la radio, une dame noire chantait qu'aux petites heures de la nuit, quand tous les gens sont profondément endormis, tu restes éveillée dans ton lit et tu penses à lui, tu ne peux pas t'en
empêcher... J.-P. Manchette, Le petit bleu de la côte Ouest.

«Je ne sais pas parler objectivement de moi-même. Tout être vivant est une physiologie. Et si j'écris, c'est peut-être par besoin, par hygiène, comme on mange, comme on respire, comme on chante.
C'est peut-être par instinct; peut-être par spiritualité. Pangue lingua. Les animaux ont tant de manies ! C'est peut-être aussi pour m'entraîner, pour m'exciter - pour m'exciter à vivre, mieux,
tant et plus ! La littérature fait partie de la vie. Ce n'est pas quelque chose "à part". Je n'écris pas par métier. Vivre n'est pas un métier."
Blaise Cendrars
Ils ont quitté leur pays qu'ils aimaient, l'Italie. Mon papa est venu travailler en France, cet autre pays, où je suis né, où tu es
né. Il est venu avec sa force, il avait laissé ses rêves là-bas, de l'autre côté des montagnes. Il en avait gardé juste assez pour les donner à ses enfants...
Juillet 1993. Faisant les puces, je tombe sur un bouquin de Tolstoï, "Ibicus", édition de 1926 illustrée de gravures sur bois. Bonne affaire : 3 francs ! A la maison, mince, j'avais pas fait gaffe, c'est pas le Tolstoï de "Guerre et paix", c'est pas Léon, c'est Alexis ! Allez, en attente : on le lira quand on n'aura plus rien d'autre ! Trois mois passent, huit heures du soir, j'ai plus rien à lire, je me tape l'incunable. Au petit matin je le repose, fini... Coup de foudre ! La matière est là : c'est décidé, je l'adapte... Pascal Rabaté
(...) En haut il fait bon, l’enfant s’amuse dans l’abri en pierre. L’homme pioche, se relève, éponge son front, ouvre sa chemise. L’air les enveloppe. Même le chien s’allonge, paisible. Il sait, lui, qu’il ne faut jamais trop en demander.
L’homme s’assied sur une pierre cubique. Il sait, lui, que, quand on aime, il faut cultiver la terre, construire, même de l’éphémère.
L’enfant arrive essoufflé, il s’assied à côté de l’homme :
- Ça va ?
- Bien.
Extrait de Point de vue
...Imaginez deux lignes. L'une représente l'horizon, l'autre la plage. Et dans un coin, une sorte de baraque qui fait office de café. Le décor est
planté...
... Je n’écris pas par désir, par habitude, par volonté, par métier. J’ai écrit parce que c’était la seule façon de parler en se taisant. Parler mutique, parler muet, guetter le mot qui manque,
lire, écrire, c’est le même.. Pascal Quignard, Le nom sur le bout de la langue

L'or pur se reconnaît à l'Epreuve. Léonard de Vinci
Faust demande passionnément à la vie que l'ambition absolue se réalise précisément en elle : qu'ici fermement il se
dresse, qu'a t-il besoin d'aller errer dans l'éternité, qu'il trouve sa peine et son bonheur à poursuivre son chemin. "Comme le monde devient infini, quand on peut une bonne fois s'en tenir fermement au fini."
Goethe
Elle aime, de la paume, caresser la pierre, caresser ce qu'il y a dans la maison de plus sûr et de plus durable. Ce qui peut vous porter longtemps comme un navire...
Saint-Exupéry, Courrier sud
L’étymologie du mot originalité doit attirer notre attention. Elle évoque les
“commencements”, une “instauration”, un retour, de substance et de forme, aux origines. (...) Les inventions esthétiques sont “archaïques”. Elles portent en elles la vibration d’une lointaine
source.
George Steiner, In Réelles présences - Les arts du sens, Gallimard 1991
Nous avions l'air de ne savoir ni l'un ni l'autre où nous allions. Calmement étonnés, nous regardâmes la vue du haut de la colline du cimetière, et bras dessus, bras dessous, nous descendîmes
jusqu'au champ brûlé par l'été et bronzé par septembre. Une cascade de couleurs se répandait sur les feuilles sèches et chantantes ; et je voulus alors que le juge entendît ce que Dolly m'avait
appris : que c'était une harpe d'herbes, une harpe qui récoltait, racontait, une harpe de voix qui se rappelait une histoire. Nous
écoutions.
Truman Capote, La Harpe d'herbes - Gallimard 1951
Nombril du continent poumon léger du monde et poussière douce au pied
Cette route a beaucoup pour elle dans tous les axes de la boussole c'est l'espace et l'éternité savanes couleur de cuir vautours en rond dans le ciel cannelle villages verts autour d'une flaque dieux érectiles couverts de minium
Nicolas Bouvier, Les Indes galantes
Ici, c’est pas l’alcool qu’on doit chercher mais c’est l’ivresse.
Alors, lâchez-vous, lâchons-nous, bon dieu ! Arrêtons de grelotter du verbiage, d’ânonner du substantif... comme dans un salon de T
Avoir ou être, ma bonne Dame, là n’est plus la question !
Envoyez les couleurs !
Le Yang-tseu-kiang ou la Puerta del Sol... c’est ça qu’il nous faut, même quand, derrière nos barreaux, c’est juste un caniveau...
H Grillot
Extrait de Des singes en hiver (catégorie Credo)
Les nouvelles qui nous parvenaient étaient angoissantes. Pourtant, je garde de ma mère à cette époque le souvenir d'une femme gaie et insouciante, qui jouait des airs à la guitare et chantait. Elle aimait lire aussi, et c'est d'elle que j'ai reçu la conviction que la réalité est un secret, et que c'est en rêvant qu'on est près du monde. J. M. G. Le Clézio, Ourania
Me voici sur la plage armoricaine. Que les villes s'allument dans le soir. Ma journée est faite ; je quitte l'Europe. L'air marin brûlera mes poumons ; les climats perdus me tanneront. [...] Je reviendrai, avec des membres de fer, la peau sombre, l'œil furieux : sur mon masque, on me jugera d'une race forte. J'aurai de l'or : je serai oisif et brutal. Les femmes soignent ces féroces infirmes retour des pays chauds. Arthur Rimbaud, « Mauvais sang », Une saison en enfer, 1873.
Je suis le défaut dans l'armure. Je suis la lucarne dans la prison. Je suis l'erreur dans le calcul, je suis la vie. Antoine de Saint-Exupéry
Prayers for rain Pictures of you The same deep water as you The Cure
A chacun de nous, quand il vient sur la terre, un lapin de lune est donné. Nous lui courons après en étendant les bras. Certains rient, d'autres tombent. Mais la terre est ronde. Et peu d'entre nous savent qu'en réalité, le lapin ne se sauve pas. Il essaie seulement de nous rattraper, lui aussi.
Alain Gerber, Le lapin de lune
Ici le temps n'est plus le même. Il faut se dépouiller, se laver pour entrer dans le domaine de la mémoire. Nous faisons ce voyage ensemble, mais, pour Jemia, il s'agit d'un tout autre parcours. Elle n'avance pas seulement sur cette route, vers Smara et la Saguia el Hamra. Elle remonte aussi le courant de l'histoire, de sa propre histoire, afin de trouver la trace de sa famille qui a quitté cette terre pour émigrer vers les pays du nord, vers les villes. (Extrait de Gens des nuages, Jemia et J.M.G. Le Clézio, Gallimard 1997)
Lalla ne parle pas, maintenant, elle n'a pas envie de parler. Comme le Hartani, elle est du côté de la nuit. Son regard est sombre comme la nuit, sa peau est couleur d'ombre. Désert, J.M.G. Le Clézio, Gallimard 1985
Comme le firent nos ancêtres il y a deux millions d’années, regardons les loups. Contemplons-les. Haïs parfois, traqués hélas, ils continuent, dans l’absolue liberté de leurs courses et de leurs amours, à nous apprendre ce sens qui se dérobe à nous, qui nous échappe, qui nous effraie et que nous entendons pourtant, certaines nuits de lune, quand ils hurlent sous le ciel : le paradis est ici, là où ils sont. Hélène Grimaud...
«Le désert n'est jamais plus beau que dans le clair-obscur de l'aube ou du crépuscule. [...] L'apparition du jour promet un changement, mais, lorsqu'il a atteint sa plénitude, l'observateur le soupçonne d'être le même, revenu une fois de plus, ce jour qu'il a vécu et revécu, solitaire, ce jour aveuglant que le temps n'a pas terni» Paul Bowles, Un thé au Sahara
« Quand j'écris, je suis transformée, ça fait changer des choses dans ma vie. Je sens comment ça me met en mouvement... Mais l'accepter ce n'est pas forcément évident, il faut avoir une terre solide derrière soi. » Jeanne Benameur (Entretien pour La Bibliothèque de l'éducation de l'IUFM de l'Académie de Lyon).
Come As You are, Nirvana
Ainsi te sens-tu emporté dans cette migration intérieure dont nul jamais ne t'a parlé. Prêt pour des noces dont tu ignores tout, mais auxquelles il faut bien que tu répondes : "On y va ? On y va." Et tu y es allé. Tu es parti en direction d'un front de guerre dont tu ne savais rien. Tu t'es mis en route, nécessairement, semblable à ce peuple d'argent qui luit, à travers champs, en marche vers la mer, ou comme dans le ciel, ce triangle noir. Que cherchais-tu ? Cette nuit-ci, tu étais presque au but. Qu'as-tu donc découvert en toi qui était si près d'apparaître ? Saint-Exupéry, Un sens à la vie (Reportages), Gallimard 1956
Vous aimez un homme autre que votre mari. Eh bien allez à lui. Celui que vous n'aimez pas, vous êtes sa prostituée. Celui que vous aimez vous êtes sa femme. Dans l'union des sexes, le coeur est la loi. Aimez et pensez librement. Victor Hugo, Océan prose 1864
[...] Une oeuvre d'homme n'est rien d'autre que ce long cheminement pour retrouver par les détours de l'art les deux ou trois images simples et grandes sur
lesquelles le coeur, une première fois, s'est ouvert.
(A. Camus - L'envers et l'endroit (Préface), p.31, Folio-essais n°41)
Qu'est-ce que la vie ? C'est l'éclat d'une luciole dans la nuit. C'est le souffle d'un bison en hiver. C'est la petite ombre qui court dans l'herbe et se perd au coucher du soleil.
Crowfoot, chef lackfeet Indien d'Amérique
Née d'un sentiment, l'idée du son précède son émission. Léonard de Vinci disait que l'émotion est la base de tout exercice. Jordy Savall (musicien, spécialiste de la viole de gambe et du compositeur Marin Marais dont il a rendu célèbre la musique en créant la bande-son du film Tous les matins du monde de Corneau.
Nous avons connu cette petite fille qui court moins vite que les autres. Là-bas les autres jouent. "Attendez-moi ! Attendez-moi !" mais elle est un peu en retard, on va se lasser de l'attendre, on va la laisser en arrière, on va l'oublier seule au monde. Comment la rassurerait-on ? Cette forme d'angoisse est inguérissable. Car si, maintenant, elle prend part au jeu, et devrait partir, et tarde à partir, elle va lasser ses amis ! Déjà ils murmurent entre eux, déjà ils la regardent de travers... Ils vont encore la laisser seule au monde !
Saint-Exupéry, Un sens à la vie
Il faut trouver un sens à ta vie
et tu le trouves à l'intérieur pas à l'extérieur
quand tu le trouves
rien n'est gagné
mais tu obtiens une grande force
un peu comme celle que tu peux trouver lorsque tu n'as plus rien à perdre
et d'ailleurs c'est bien celle-là
mais sans violence
Tu as l'écriture, la lecture pour t'aider
crois-moi, elle peuvent te sauver la vie
alors écris, lis, cultive-toi, sois gentil avec toi.
Cathy GARCIA
Toute personne capable d’écrire une page de prose ajoute quelque chose à nos vies. Raymond Chandler
A Camilla, avec tout mon amour
Arturo
Toujours avec le livre j'ai fait une centaine de pas vers le sud-est, là où tout n'était que désolation. De toutes mes forces je l'ai jeté le plus loin que j'ai pu dans la direction qu'elle avait prise. Sur ce, je suis monté en voiture, j'ai fait démarrer le moteur, et je suis rentré à Los Angeles.
John Fante, Ask the Dust
Tu marches en attente, l'amour est ton sang et c'est tout. Cesare Pavese
Nous pensons à la vie comme à un solide immuable et nous sommes sidérés quand le temps nous apprend qu'il s'agit d'un liquide.
Jim Harrison, The road home
- Dis-moi ce qu'ils t'ont fait !
- Non. A toi, je ne peux pas le dire. T'as la voix du bonheur.
Clotilde Bernos
En mourant nous emportons avec nous la richesse des amants et des tribus, les saveurs que nous avons goûtées, les corps dans lesquels nous avons plongé et que nous avons remonté à la nage comme s'ils étaient des fleuves de sagesse, les personnages dans lesquels nous avons grimpé comme s'ils étaient des arbres, les peurs dans lesquelles nous nous sommes terrés comme si elles étaient des grottes. Je souhaite que tout cela soit inscrit dans ma chair...
M. Ondaatje, Le Patient anglais (l'Homme flambé)
Ecrire c'est ébranler le sens du monde, y disposer une interrogation indirecte, à laquelle l'écrivain, par un dernier suspens, s'abstient de répondre. La réponse, c'est chacun de nous qui la donne, y apportant son histoire, son langage, sa liberté ; mais comme histoire, langage et liberté changent infiniment, la réponse du monde à l'écrivain est infinie : on ne cesse jamais de répondre à ce qui a été écrit hors de toute réponse : affirmés, puis mis en rivalité, puis remplacés, les sens passent, la question demeure.
Roland Barthes
Quand on prend de la hauteur, les murs cessent d'exister.
Wim Wenders, Les Ailes du désir
Oscar et moi nous sommes partis. Un hiver dans les neiges de Montréal, un été sur les routes d'Amérique, une saison à Montmartre, une autre en pleine montagne... Comment s'aimer, comment rester
libre dans ce monde, comment résister aux contraintes de l'argent, du mensonge, de la peur ? Il n'y a pas de modèle, il faut inventer ses amours, inventer sa vie.
Alina Reyes, Quand tu aimes, il faut partir
Une sensation de sécurité, de bien-être, de chaleur estivale, se répand dans ma mémoire. Vigoureuse réalité qui fait du présent un fantôme. Le miroir déborde de lumière : un bourdon est entré dans la pièce et cogne contre le plafond. Tout est bien, rien ne changera jamais, personne jamais ne mourra.
Vladimir Nabokov, Autres Rivages, Autobiographie, coll. Folio p. 97 - Gallimard 1991
Nous rêvons
d'un lecteur parfait.
Supérieur à nous.
Meilleur aussi que la propre lecture faite par nous-même.
Nous écrivons pour lui même s'il n'existe pas.
Nous ne pouvons pas ne pas ressentir sa présence cachée derrière ce silence que les mots entraînent comme une tunique fendue.
Si nous persistons dans ce métier désolé d'ériger des tours sans échafaudage,
peut-être que le lecteur absent se réveillera un jour là où le lecteur n'est plus nécessaire, puisqu'à la fin toute lecture se lit seule.
Roberto Juarroz. Dernier recueil, Quatorzième poésie verticale
Etre fasciné par la Sakountala, de Camille Claudel,
par l'ange noir de Budapest, par l'homme tzigane qui
joue sa vie sur les cordes d'un violon, aux abords du Danube...
Se souvenir du sable profond qui glisse entre les doigts comme de l'eau vive...
Se souvenir que pour aimer, il faut être libre... et que pour être libre, il faut être vivant.
INTERVIEW de Mireille Disdero par Anne Hahn, lycéenne allemande, dans le cadre de son travail de séminaire intitulé "L'attitude des jeunes face à la lecture et la littérature de jeunesse moderne en france"
Juillet 2010
AH Comment se situe l’auteur aujourd’hui par rapport à l’auteur des débuts? Il y a-t-il une différence (style, pensée, méthode…)
MD Il y a la différence due à l’apprentissage du métier d’auteur : avec le temps on s’améliore. On écrit de moins en moins « son histoire » mais plutôt une fiction « vraie », à partir de la société humaine. Style, pensée et méthode ? Je ne renie pas ce que j’ai pensé, écrit, créé… Il existe une continuité.
AH Aimez-vous la lecture?
MD J’adore lire, depuis toute petite.
AH L’écriture a-t-elle toujours été en vous? Il y a- t-il eu un élément déclencheur?
Oui, très tôt j’ai utilisé l’écriture pour m’exprimer, comme la plupart des gens, je crois. C’est la meilleure façon pour moi de communiquer et de créer. J’ai écrit un premier roman « construit », entre 18 et 20 ans.
AH Comment créez-vous votre personnage?
MD Cela dépend du personnage. Pour Shayna, je me suis immergée dans sa vie telle que je l’imaginais, de façon à pouvoir dire « je » pour elle et à témoigner de ce qu’elle vivait. Je n’étais pas dans la description ou le jugement mais dans l’introspection et le « ressenti ».
AH Comment vous inspirez-vous pour créer un lieu? Une atmosphère?
MD Je m’inspire de la réalité, le plus souvent et de ce que je ressens, face à cette réalité. En effet, je passe beaucoup de temps à observer. Quand j’écris une histoire, en général, je fais des repérages sur les lieux. Si c’est impossible (par exemple à l’autre bout de la terre où je ne peux pas me rendre), j’effectue des recherches documentaires détaillées sur le lieu du récit (c’est le cas pour un roman que je termine en ce moment et dont une courte partie se déroule en Thaïlande). En revanche, dans la narration, j’accorde peu de place à la description détaillée. C’est l’atmosphère et l’ambiance, les sensations qui priment, selon moi. Le lecteur doit tracer lui-même les contours exacts du lieu du récit.
AH Quel style préférez- vous? Style indirect libre… «je» ou «il»…
MD Je préfère le « Je ».
AH Quelle place a le mot dans vos écrits ? Le vocabulaire est-il très important pour vous? Utilisez-vous souvent la langue des adolescents?
MD Oui, le vocabulaire doit être le plus précis possible. Les mots ne sont pas « jetés » au hasard dans un récit. Je n’utilise presque jamais la langue des adolescents. Il me semble qu’écrire pour eux n’est pas la même chose qu’écrire comme ils s’expriment. Et d’ailleurs, je pense qu’ils n’y tiennent pas.
AH Pourquoi écrivez-vous des livres pour les jeunes?
MD J’écris des livres pour tout le monde, des livres qui peuvent aussi être lus par des adolescents. Par exemple, « 16 ans et des poussières » au départ était une longue nouvelle sans lectorat déterminé. Mais en reprenant le texte pour le transformer en roman, j’ai pensé plus précisément aux ados car l’héroïne en était une. Par conséquent, cette histoire était susceptible de les intéresser. Écrire pour les jeunes est donc venu comme ça, naturellement, une envie.
AH Quelle est votre définition de l’auteur pour la jeunesse? À quoi on doit faire attention si on écrit pour les jeunes? Pour vous, qu’est-ce ce que la littérature jeunesse ?
MD Je n’ai pas de définition. Un auteur jeunesse est avant tout un écrivain. Écrire pour les plus jeunes vient en plus, si on en éprouve le besoin. Cependant, on a un certain nombre de responsabilités. Il faut garder à l’esprit la Loi n°49-956 du 16 juillet 1949 sur les publications destinées à la jeunesse : « Les publications visées à l'article 1er ne doivent comporter aucune illustration, aucun récit, aucune chronique, aucune rubrique, aucune insertion présentant sous un jour favorable le banditisme, le mensonge, le vol, la paresse, la lâcheté, la haine, la débauche ou tous actes qualifiés crimes ou délits ou de nature à démoraliser l'enfance ou la jeunesse, ou à inspirer ou entretenir des préjugés ethniques. Elles ne doivent comporter aucune publicité ou annonce pour des publications de nature à démoraliser l'enfance ou la jeunesse. » (Extrait).
J’en tiens compte quand je décide qu’un récit s’adresse plus particulièrement à des adolescents ou à de jeunes lecteurs. Pour moi, la littérature de jeunesse fait partie intégrante de la littérature. Ce n’est pas une « sous catégorie ». Simplement, les auteurs doivent garder à l’esprit l’impact que peuvent avoir leurs livres sur un enfant ou un adolescent. L’important, selon moi, même si le sujet abordé est grave, est de préserver l’espoir dans un roman. Enfin, je pense qu’il est essentiel de comprendre la vie des ados au présent, à l’ère du numérique et du troisième millénaire, afin d’être des auteurs vivants, concernés par ce à quoi ils sont confrontés. Pour cela, les écrivains doivent rencontrer les jeunes et être attentifs à eux.
AH Peut-on tout écrire quand on sait qu’on est lu par des ados ? Évoquer les affres de notre société n’est-il pas périlleux pour le moral de notre jeunesse? Pensez-vous que les livres et les histoires peuvent aider les jeunes avec leurs problèmes?
MD J’ai un peu répondu à cette question dans celle qui précède. On peut aborder tous les sujets, même les plus graves, mais en gardant à l’esprit le fait qu’on s’adresse à des adolescents.
En effet, évoquer les affres de notre société n’est pas plus dangereux que d’évoquer sorcières, ogres dévoreurs d’enfants et géants dans les contes traditionnels. L’enfant ou l’ados fait bien la différence entre l’imaginaire, les problèmes vécus par d’autres, et sa propre vie à lui. Évoquer les affres de notre société, au contraire, va lui permettre de comprendre ce que d’autres que lui vivent et d’élargir son champ de connaissance humaine et sociale. Il va même pouvoir s’engager dans une pensée solidaire (ou pas) et construire sa personnalité à partir d’une réflexion plus proche de la réalité. Si c’est un ado qui connait les problèmes rencontrés par Shayna, par exemple, l’espoir qui ressort du roman ne pourra que l’encourager, lui aussi, à faire quelque chose de son existence, malgré les difficultés. Je le précise d’ailleurs dans la préface du livre : « Tout est possible, la vie trouve toujours un chemin ». D’une certaine façon, c’est l’un des messages du livre.
AH Qu'est-ce que vous pensez de l'attitude des jeunes à face de la littérature?
MD Je crois qu’ils ne lisent pas moins que quand j’étais moi-même adolescente, même si nous sommes dans une société de l’image et qu’ils en sont bombardés et friands. Simplement, les supports changent (ils lisent beaucoup plus sur écran, de façon dématérialisée et pas forcément des romans ou des récits mais ils lisent). Je rencontre de temps en temps des ados passionnés par la lecture… Ils sont peut-être minoritaires ? Cependant ils ont compris que lire n’était pas seulement un outil de travail pour le collège, une obligation ou un passe-temps de « vieux » mais que c’était avant tout un plaisir, un vrai, qui peut nous accompagner partout et à tout moment.
AH L’avenir du livre? Les nouvelles technologies vont-elles le tuer? Vous pensez que le livre est un média caduc?
MD Le livre a un avenir, il n’est pas près de disparaître mais il va se transformer. Sa métamorphose a déjà commencé. Nous sommes à l’ère du numérique. C’est une véritable révolution culturelle, sans doute aussi importante que l’invention de l’imprimerie, il y a des siècles en arrière. D’ailleurs l’ouvrage numérique est déjà bien présent. Mais il existe des passionnés du livre matériel, ceux qui ont besoin de le toucher, de le sentir, voire même d’écrire ou de souligner des passages… Ceux-ci vont résister longtemps, à la façon des jardiniers qui préfèrent prendre soin des plantes et de la terre, plutôt que de les observer sur un écran. Quant aux « lieux » du livre (médiathèques, librairies…), ils commencent à s’adapter aux transformations du support, pour la transmission de la culture écrite.
AH L'ado d'aujourd'hui: Pensez-vous que la lecture est importante pour eux?
MD Tout dépend. Pour certains, oui. Elle est essentielle, même, comme une passion, un souffle.
AH Pensez-vous que les jeunes ne vont pas lire ou n'ont pas de temps pour lire? A votre opinion: Pourquoi on toujours écoute que les jeunes ne lisent pas?
MD C’est un peu un refrain, un préjugé. Au début du vingtième siècle, en France, peu d’enfants de classes sociales humbles ou défavorisées lisaient. C’était réservé aux classes aisées. L’école n’est obligatoire jusqu’à 16 ans que depuis 1959 seulement ! Avec la loi Jules Ferry du 28 mars 1882, l'instruction est devenue obligatoire pour tous les enfants de 6 à 13 ans, mais il a fallu attendre 1959 pour que la limite d'âge soit portée à 16 ans. Ces changements ont contribué au développement de l'enseignement secondaire et à la démocratisation de la lecture et de la culture en général. Donc vraisemblablement, avant 1959, les adolescents lisaient moins que ceux d’aujourd’hui car, depuis, la lecture et l’éducation se sont démocratisées. De plus, la littérature pour la jeunesse (mais aussi pour adolescents et jeunes adultes) s’est énormément développée et enrichie ; les livres qui se publient aujourd’hui sont nombreux, variés et souvent très réussis.
AH Qu'est-ce qu'on peut faire pour animer les jeunes à lire?
MD Les aider à découvrir que c’est un plaisir, une liberté en plus à s’offrir. Leur présenter une littérature de qualité et non pas un « produit de consommation » basique.
AH Pourquoi écrivez-vous de la vie quotidienne, des histoires réalistes? Qu'est-ce qui vous a amenée à ce genre ?
MD C’est venu naturellement, comme une nécessité première. Plus tard, j’écrirai peut-être des histoires fantastiques, de la SF ? Rien n’est exclu. Mais pour le moment, je vais continuer dans ce sens. J’ai des choses importantes à exprimer de ce point de vue-là.
AH Shayna est un nom très spécial – pourquoi vous avez choisit ce nom?
MD Quand j’ai effectué des recherches via Internet, sur les jeunes des quartiers Nord de Marseille, j’ai remarqué une adolescente se prénommant Shayna qui intervenait sur un forum. Ce prénom m’a plu. Son origine aussi : en Yiddish, il signifie « beauté ». Cette langue disparaît peu à peu. Autant la faire exister, encore un peu. En revanche, dans « 16 ans et des poussières », Shayna ne connaît pas vraiment son origine ; elle croit que c’est un prénom de « beurette ».
AH Pourquoi vous avez choisi Marseille?
MD J’aime écrire des histoires qui se déroulent à Marseille. J’y ai habité. Je connais les quartiers où se déroulent l’action du roman et les « faits divers » qui ont façonné leur identité. C’est une ville contrastée, parfois très belle, avec la mer Méditerranée, le port, la corniche… et parfois obscure, avec des quartiers perdus. La particularité de Marseille est que sa « banlieue » défavorisée se situe dans des quartiers à l’intérieur même de la ville, et non pas dans des agglomérations extérieures, comme la banlieue de Paris, le 93 (par exemple).
AH Quel rôle a le personnage de Djamila?
MD C’est la sœur symbolique de Shayna. Elles ont « la même mer ». Cette jeune femme, pour qui la vie n’est sûrement pas un cadeau, est un exemple de courage et de patience. Elle ne se plaint pas et vit ce qu’elle a à vivre. Elle et Shayna le savent, sans l’exprimer avec des mots, elles sont solidaires. Djamila est aussi un personnage un peu mystérieux, que je n’ai pas voulu trop dévoiler (au sens propre et figuré). J’écrirai peut-être un jour son histoire, son adolescence de l’autre côté de la mer.
AH Vous pensez qu'il y a beaucoup de jeunes qui ont les mêmes problèmes que Shayna?
MD Oui je crois. Dans les banlieues défavorisées, surtout. L’accès à la culture n’y est pas évident. C’est pourtant par elle qu’on acquière les outils, les codes sociaux permettant de faire sa place dans la société.
AH Qu'est-ce que vous pensez de système scolaire en France? Vous pensez que l'argent où la position sociale est très important pour les jeunes pendant leur éducation?
MD L’argent, la position sociale ne sont pas essentiels mais ils peuvent faciliter l’accès à la culture et aux rouages de la société. Un enfant mal informé aura du mal à choisir une filière d’enseignement qui le mènera vers le métier adéquat. C’est très complexe. Le problème de Shayna, plus que la pauvreté, est que sa mère ne la soutient pas. Elle n’a plus la capacité de le faire, encore moins de se renseigner pour l’aider à trouver sa voie. L’adolescente est donc livrée à elle-même. Elle a besoin qu’on la guide. C’est là que le relais doit être pris par d’autres que les parents. Éducateurs, professeurs…
AH L'immigration: C'est un problème grave, en France? Spécialement dans les métropoles?
MD C’est un problème grave qui concerne tous les pays occidentaux. La France, l’Italie, l’Espagne, l’Europe etc. Exclusion, racisme, ghettos des banlieues où le taux de personnes immigrées est plus fort qu’ailleurs… Tout ceci est triste car, comme le dit Shayna, Djamila vient de l’autre côté de la Méditerranée, elles ont « la même mer ». Ce sentiment de fraternité humaine est important. J’aimerais que la France et les pays occidentaux soient des terres d’accueil pour ceux qui en ont besoin. C’est un rêve… de fraternité.
AH Le prof de Shayna- pourquoi est-elle une personne clé dans cette histoire? – Pensez-vous que les profs en général doivent faire mieux attention à des personnes avec des problèmes financiers ou familiaux?
MD Pendant notre scolarité, nous avons tous eu la chance de croiser des profs qui nous ont soit remarqués, soit encouragés, soit qui nous ont ouvert de nouvelles portes. Quel que soit le milieu social des élèves, les professeurs sont importants dans leur vie. Pour Shayna encore plus car elle ne peut pas compter sur une famille dans laquelle se réfugier. C’est ce qui lui manque. Son professeur prend donc le relais de la mère. Elle aide aussi la jeune fille à trouver son fil d’Ariane, un sens à sa vie, une trajectoire. Elle l’aide à faire le lien entre ses capacités, ses goûts et les moyens à mettre en œuvre pour construire son avenir.
AH L'attitude de Shayna face à la lecture – comment-est-elle?
MD Elle s’en nourrit.
AH Pensez-vous que la violence joue un grand rôle dans les quartiers pauvres où dans les banlieues? Pourquoi vous avez créé la bande de Rox Man?
MD Je crois que la violence est plus présente dans certaines banlieues parisiennes qu’à Marseille. Comme le pensent mes héros, ils sont pauvres mais ils ont la mer, son immensité et sa beauté. Elle est là pour eux aussi, ils y ont accès. Mais les bandes existent, à Marseille comme ailleurs. A cause des frustrations, de l’exclusion, de la drogue, du trafic… C’est une réalité. J’ai créé la bande de Rox Man pour illustrer cette réalité. En même temps, je pense aux films de Robert Guédiguian qui a beaucoup tourné à Marseille, notamment « L’Argent fait le bonheur » sorti en 1993. Le synopsis du film nous dit :
„ Dans une cité défavorisée de la banlieue de Marseille, un curé assiste, impuissant, à la montée de la délinquance, de la drogue, du chômage, du racisme et de l'intolérance. Divisée par une ligne symbolique, la cité est coupée en deux clans rivaux. Ne supportant plus cette situation, Simona, mère de famille, décide de créer un comité de solidarité. Avec l'aide du curé, une assemblée de mères de famille trouvent une solution et conseillent aux jeunes de s'attaquer, non pas à la propriété de leurs voisins, mais aux biens des riches...“ (Cinémovies.fr Le magazine du cinéma)
AH Le toit de leur immeuble- Pourquoi est-il si important pour les jeunes protagonistes? Pensez-vous que c'est important pour les ados d'avoir tel place?
MD Le toit de l’immeuble est le toit de leur monde, la piste d’atterrissage et d’envol de leurs rêves. C’est un symbole de liberté trouvée, un symbole d’espoir. Dans l’existence, chaque jour, ils vivent en bas, enracinés dans leurs difficultés, mais psychologiquement, ils sont capables d’aller haut et loin, de se projeter dans l’avenir, dans l’immensité de l’avenir possible. Ils sont capables aussi de « construire ». Ils commencent par une cabane (le lien avec l’enfance est toujours là). La cabane symbolise la maison, la famille. Elle est modeste, ce n’est qu’un abri fragile, mais elle est placée au plus haut, là où Enzo et Shayna ont une vue entière sur la beauté du monde et de leurs possibilités dans la vie. C’est un lieu ouvert, un endroit pour l’adolescence, ce moment paroxystique de la vie humaine, ce seuil où tout est possible, y compris l’amour, le vrai.
AH Merci beaucoup pour votre coopération et votre temps pour mes questions!
Anne Hahn
MD De rien. Bon courage pour votre travail !
Mireille Disdero
16 ans et des poussières a remporté le prix ados "Tout en auteurs" 2011
Nouvelle édition le 20 octobre 2011
Seuil, Hors Collection

Edmond Baudoin
Avec le bleu, il suffisait de tracer une simple ligne en travers de la page et l'on avait la ligne d'horizon de toutes les mers.
Vladimir Nabokov, Autres rivages
J'observe tous ces éléments, je m'en imprègne : le temple, le village, la rivière, les montagnes, les courbes, le bleu - l'énergie bleue, les pulsations... Tout
n'est que palpitation bleue, silence vibrant, immobilité mouvante.
"L'unité de la contemplation et de l'action est illustrée par un dessin Zen représentant Bodhidharma, le visage et le corps parfaitement calme, cependant que sa robe est agitée par le vent."
Kenneth White, Le Visage du vent d'Est (Errances asiatiques, coll. Espaces libres Albin Michel)
Un matin, l'un de de nous manquant de noir, se servit de bleu : l'impressionnisme était né. Auguste Renoir
Bleu acier, aigue-marine, bleu ardoise, azur, azuré, azurin, bleu barbeau, bleu de Berlin, bleuâtre, bleuet, caeruleum, bleu canard, céleste, céruléen, bleu
charrette, bleu ciel, cobalt, cyan, bleu dragée, bleu électrique, bleu roi, bleu givré, bleu Klein, lapis-lazuli, lavande, majorelle, marine, bleu nuit, outremer, bleu paon et pers, bleu pétrole,
plombé et de Prusse, saphir, turquin et turquoise... bleu indigo !
Quand je n'ai pas de bleu, je mets du rouge. Picasso
bleu cyan, (kuanos en Grec, azurite) est une couleur pure de la lumière, souvent appelée bleu ciel.









Chalets de
Blins, Alpes (Italie) en été
A Berlin en mai,
Saint Véran dans les Hautes-Alpes...
for ever
Just a perfect day drink sangria in the park
and then later when it gets dark we go home
just a perfect day, feed animals in the zoo
and later a movie too and then home
oh it's such a perfect day, i'm glad i spend it with you
oh such a perfect day, you just keep me hanging on
you just keep me hanging on
just a perfect day, problems all left alone
week enders on our own
it's such fun
just a perfect day, you make me forgett myself
i thought i was someone else, someone good
oh it's such a perfect day, i'm glad i spend it with you
oh such a perfect day, you just keep me hanging on
you just keep me hanging on
you're going to reap just what she saw
Lou Reed
*
Quand tisonner les mots pour un peu de couleur
ne sera plus ton affaire
quand le rouge des sorbiers et la cambrure des filles
ne te feront plus regretter ta jeunesse
quand un nouveau visage tout écorné d’absence
ne fera plus trembler ce que tu croyais solide
quand le froid aura pris congé du froid
et l’oubli dit adieu à l’oubli
quand tout aura revêtu la silencieuse opacité du houx
ce jour-là
quelqu’un t’attendra au bord du chemin
pour te dire que c’était bien ainsi
que tu devais terminer ton voyage
démuni
tout à fait démuni
alors peut-être...
mais que la neige tombée cette nuit
soit aussi comme un doigt sur ta bouche
Genève, décembre 1977
Nicolas Bouvier - Le dehors et le dedans
Ed. Zoé
*
Tout finit par passer. Tout passe par l'infini... Nous ne serons jamais finis, ni définis. Nous résistons à la définition qui tuerait notre poésie du coeur et de l'être.
Pascal Ludovic Saissi, septembre
2006
*
Nous avons pris la route du Sud comme si nous étions réveillés, et pourtant, chaque détail du paysage se liait au suivant selon la logique impeccable du rêve.
Jemia et J.M.G. Le Clézio, Gens des nuages, Gallimard - Folio 1997
*
L'orage est mon domaine et quand le vent se lève mon âme
tourbillonne.
Beethoven
*
Que ferais-je sans ce monde, sans visage, sans question
Où être ne dure qu'un instant
Où chaque instant verse dans le vide
Dans l'oubli d'avoir été
Sans cette ombre où à la fin corps et ombres ensemble s'engloutissent
Que ferais-je sans ce silence, gouffre de murmures
Haletant, furieux, vers le secours, vers l'amour
Sans ce ciel qui s'élève sur la poussière de ses lests
Que ferais-je ? Je ferais comme hier, comme aujourd'hui
Regardant par mon hublot si je ne suis pas seul
A errer et à virer loin de toute vie
Dans un espace pantin
Sans voix, parmi les voix enfermées avec moi.
Samuel Beckett
*
Une femme, douce crème, forte d'un café italien tassé de tessitures a pris mes mains battues de poussières et de routes dans une gare allumée par le soir.
Pascal Ludovic Saissi
*
-- I would shelter you
Keep you in light
But I can only teach you
Night vision --
S. Vega, Solitude standing
*
L’invisible a ses chemins, et nous avons les nôtres. (...)
Peu lui importe notre rôle d’esclave et notre fatuité qui nous affirme que nous sommes libres.
Jean Cocteau, In Journal d’un Inconnu
*
Libre à vous de croire et de chercher, de donner encore à la poésie ce but : dans un monde de non-sens, tous les sens sont primordiaux.
Daniel Brochard
*
Je crois en l'amour. A une dimension absolue de l'amour. Je crois en l'amour comme le chercheur croit au fabuleux aperçu un jour dans son microscope et qu'il n'a de cesse de vouloir prouver envers et contre tout. Même quand on le décrie, même quand on se moque, même quand on le fait mourir.
Île Eniger