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249 articles avec textes de mireille disdero

LA ROUE TOURNE REVUE SQUEEZE 14

Publié le par Mireille Disdero

Mon texte So What (La roue tourne) est publié dans Squeeze 14, ICI

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A MALACCA, EN MALAISIE...

Publié le par Mireille Disdero


J'ai erré sous le soleil mort de soif, le crâne incendié par la migraine du Grand Nulle part. Je me suis demandé où on avait enterré notre amour, comme Ellroy, des chiens ou les loups au rabais. Avec leurs crocs usés par la peur du gris, le vrai... comme un brouillard.
Mais rien ne se perd, pas même les pas perdus, les endroits tracés à la craie, sous nos ongles... J'ai erré dans mes pensées, n'importe où mais ailleurs.
Je ne serai jamais une cité dortoir ! Mais une ville que j'aime, Malacca (Malaisie) qui glisse la beauté dans ma poche. Comme ça (claquement de doigts). Un mouchoir pour essuyer le temps et nos yeux. Un petit cadeau que j'emporte avec la lumière, le vent... une voix d'Asie au creux de mon oreille. Et puis le reste. Ce que je n'écris pas.

Sent from Somewhere Else

Mireille D.

A MALACCA, EN MALAISIE...

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EN MAI...

Publié le par Mireille Disdero

J'apprends la lumière par coeur

En mai. Les genêts dégrafent mon cœur. C’est la nostalgie, bien avant l’aube d’été. Cette sensation d’avoir déjà traversé la mort... des coquelicots sur les gravillons d’un bord de route. C’est moi qui t’ai perdu et non pas le contraire. Je serai une brindille inventant le vent dans les bambous, je sentirai longtemps la parole crachée dans ton silence, et cette puissante résurrection qui hante les dortoirs, les claviers, les avalanches, le blanc si bleu des loups fragiles… Jamais les mots ne cesseront de danser sur la corde d’Ariane au labyrinthe.

C’est en mai, surtout, que je ressens cette tension d’un fil de vie. Et toi, dans le dédale insensé des existences, tu plantes une suite qui ne donne jamais de fruit, tu inventes une autre vie près de la tienne. Un clone. C’est moi qui t’ai perdu et non pas le contraire. En mai, la lumière s’incruste dans mes regards. Je brûle vive. Pourtant rien ne bouge autour, tout est normal, les enfants, les poètes tirant à vue sur la beauté. En plein champ. Et je brûle vive. Rien ne peut délier le silence d’une nostalgie de cette étoffe. Muette, en feu, je balance mon cœur à travers les vitres ouvertes sur la mer, vers les collines rouges, le soir. C’est la résurrection des couleurs. J’apprends la lumière par cœur.

Mireille D.

 

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SISTOEURS MAG' ET BANGKOK

Publié le par Mireille Disdero

SISTOEURS MAG' ET BANGKOK

"Bangkok" vient d'être publié dans le magazine Sistoeurs ! Merci à Séverine Capeille...

A LIRE ICI

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BLUES A BAN KRUT, THAILANDE

Publié le par Mireille Disdero

BLUES A BAN KRUT, THAILANDE

Vers Ban Krut (Thaïlande), un peu plus au sud.
Se prendre le Blues, une variation de bleus en début du jour et l'emporter avec soi comme un air de musique... une couleur qu'on collerait sur ses yeux, un filtre pour voir le monde en beau, même quand ça pue l'égoïsme et que gicle la lumière crue sur les détritus, partout. C'est une sorte de résistance à l'effondrement du monde, ce regard-là.

Mireille D.

J'habite en Thaïlande mais j'en parle très rarement, sur le blog Bleu Indigo. Je vais tenter de poster parfois des images, des impressions, des textes... pour changer ça.

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L'ODEUR SUCRÉE DE BANGKOK

Publié le par Mireille Disdero

L’odeur sucrée de Bangkok. Avec elle, la chaleur en nappes compactes de corps s’extirpant des bureaux. Quand la nuit tombe puis se brise, elle gagne les quartiers.

Alors, les hommes se transforment en insectes assoiffés… écrasés sous le poids de la beauté. Cœurs brisés, étoiles d’araignées dans le regard, buveurs d’ennui entrechoquant les verres, avalant la nuit sucrerie, tous attendent et transpirent le passé. Equarisseurs d’anges, désirs immédiats, tous dansent sur les tables (de nuit, de jour), caressant les cheveux d’un noir si noir qu’ils réapprennent la couleur, celle qui éclate dans les yeux nébuleux.

Au sud du tropique du cancer, lumières et panneaux énormes balancent des visages de synthèse et crachent les images virtuelles à la vitesse du sang pulsant vers le cœur.

Impact. Mangas incarnés. Ciel d’ombres à paupières, averse qui rode et moisit les tissus trempés d’avoir trop dansé. Au 7/11, des filles aux voix de poupées douces servent les exilés de la nuit. Ils finissent sur le trottoir, avec une soupe de nouilles Mama pimentée. Ça brûle tout, le cœur avec. Ça hurle fort, les yeux idem, qui s’enfoncent dans le crâne pour trouver le sommeil.

La beauté de Bangkok est dans la ruelle, une silhouette qu’on ne rattrape pas. Elle est l’odeur sucrée qui habille chacun des hommes fourmis.

Mireille D. Bangkok, janvier 2016 (extrait)

 

L'ODEUR SUCRÉE DE BANGKOK

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SOUPLESSE - LE JOURNAL ALEATOIRE

Publié le par Mireille Disdero

Un texte extrait de Écrits sans papiers. Pour la route, entre Marrakech et Marseille et publié dans le journal aléatoire d'Hélène Dassavray (son blog d'humeur)

 

Souplesse

C’est comme une danse qui s’agite en nous
avec dans nos poches quelques pages 
et sous les yeux sculptés à travers le monde
l’ombre à peau pierre
Rimbaud au fond d’une sablière.

C’est comme une portière qui claque dans un cœur
et sur mon corps élastique rose 
mille à l’heure dans le soir ouvrant boutique
ces lampions éphémères, trous de lumières
phares par dizaines qui rentrent sous terre dans les abris.

C’est comme un volant fou qui nous conduit
une danse en nous qui m’allonge élastique rose
jusqu’à toucher le rêve déplié
à mille à l’heure allongée... Étirée,
je serre les dents et le cœur pour ne pas claquer.

Et si je claque tant pis j’ai connu la vie en rose.

(Mireille Disdero in Ecrits sans papiers)

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A PARAÎTRE BIENTÔT : ÉCRITS SANS PAPIERS

Publié le par Mireille Disdero

Mon recueil Écrits sans papiers sortira en novembre 2015. Je vous en dirai plus bientôt. En attendant, un extrait...

Río Vero

Chaleur encore jeune. Pierres en habit de lumière. Sentier qui dévale dans des gorges où le figuier colonise les bancs de terre et les friches aux fruits mûrs de ronciers. Roches qui se répondent de paroi en paroi et de souvenirs en avenirs. Houx sauvages, micocouliers, terre engrossée à l’odeur d’eau brûlée. Puis soudain, une grille de fer se déroule au-dessus du vide et de l’eau, éclaboussant nos yeux de transparence.

Tannés par le silence assourdissant du soleil, nos désirs d’abandon nagent dans le río[i]. 13 heures et la marche reprend. Un vieil homme pousse sa brouette vers la fontaine. Il salue et serre la main des Français. Dans sa paume, la fraîcheur troglodyte d’une maison de roches.

Alquézar (Huesca - Espagne)

Mireille Disdero

[i] Río (espagnol) : fleuve, rivière. Le río Vero est une rivière de l'Aragon

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LA FILLE DE HA LONG - CABARETS

Publié le par Mireille Disdero

Rêves de montagne de Jade, buffles au bord de l'eau... vous êtes loin.

Quand la baie d'Halong s'enfonce dans les terres, l'océan et les hommes se ressemblent. Ils sont faits de la même pâte humide et salée. Je suis de là-bas, mais personne ne s'en souvient au cabaret. Sauf peut-être quand je danse vêtue de l'ao dai. Dans mon pays d'avant, les tombes flottent au milieu des rizières comme des esprits qu'il nous faudrait libérer. Mais aujourd'hui, ma terre n'est plus que dans mon regard et dans la courbure acrobatique de mon corps. Je suis un fleuve rouge aux méandres lascifs, regardez-moi ! De bas en haut j'ai sculpté celle que je suis devenue. C'est de l'art, vous pouvez applaudir.

Depuis que ma famille ne veut plus de moi, je vis seule dans la zone où chiens errants et hommes se disputent les loques de la misère. Guettant l'aube, les plus chanceux montent dans la camionnette d'un chantier...

Quand je retournerai au Vietnam, je ne sculpterai plus rien. J'aurai usé mon corps à l'aiguiser pour plaire. Mais dans nos vies, seul le présent existe sous les sunlights, ces lumières du cabaret aux encouragements qui nous transfigurent. Sabaï, sabaï ! Quelques minutes de lumière suffisent à nourrir le reste de nos jours.

Extrait de Cabarets (coll. Reflets de Thaïlande, éditions GOPE, janvier 2015)

Textes Mireille Disdero, photographies Simon Kolton.

S'inspirant librement des photographies de Simon Kolton, Mireille Disdero révèle avec dix courts récits la beauté des transsexuels thaïs derrière la scène, les paillettes et la représentation (L'Editeur).

Photographie Simon Kolton (Thaïlande)

Photographie Simon Kolton (Thaïlande)

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L'ESPRIT DU KLONG

Publié le par Mireille Disdero

Excellent nageur, surtout en eau trouble et profonde, je cherche des amulettes, un porte-bonheur ou de petits trésors, jetés dans l'eau en bords du Wat... par dévotion.
Sous l'eau, je creuse la nature humaine et déniche l'or dans les épluchures. Comprenne qui pourra.
Le klong me permet de manger chaque jour à ma faim en repêchant la dévotion des autres. Le feu à la bouche, les pieds dans l'eau et l'esprit du klong en moi.
Mireille et les Kids, Thaïlande l'été 2015

 

L'ESPRIT DU KLONG

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